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La Constitution est la pierre angulaire de tout ordre juridique et politique. Elle définit les règles fondamentales qui organisent l'État, encadrent le pouvoir et garantissent les droits des citoyens. Cette fiche de révision explore les différentes conceptions de la Constitution, le pouvoir constituant originaire, les modalités d’établissement et d’évolution de la Constitution, ainsi que les limites de la conception moderne.
La Constitution peut être appréhendée selon trois conceptions juridiques complémentaires : matérielle, formelle et normative.
La conception matérielle s’attache au contenu des règles constitutionnelles.
Elle définit la Constitution comme l’ensemble des règles déterminant la structure fondamentale de l’État, notamment :
Cette définition, bien que globale, manque parfois de précision et d’objectivité.
Selon des auteurs comme Favoreu, la Constitution est "l'ensemble des normes de production de normes générales et abstraites". Cette approche plus objective considère que tout État possède une Constitution, même si elle n’est pas formalisée.
Elle se concentre sur la forme des règles constitutionnelles.
La Constitution écrite est un document formalisé, souvent adopté pour limiter l’arbitraire du pouvoir. Elle peut être :
La rigidité implique une séparation entre :
Cette rigidité assure la stabilité et la pérennité des règles fondamentales.
Elle repose sur la hiérarchie des normes, principe fondamental en droit.
Selon Hans Kelsen, l’ordre juridique est un édifice à plusieurs étages, où la Constitution occupe le sommet. Les normes inférieures doivent respecter les normes supérieures.
Deux courants s’opposent sur la source de cette suprématie :
Chacune de ces thèses présente ses limites, ce qui conduit à une synthèse combinant forme et valeurs.

Le pouvoir constituant originaire est le pouvoir de créer une Constitution nouvelle, en l’absence de règles préexistantes.
Il intervient lors de la création d’un État ou d’une refondation majeure, lorsque aucune règle ne détermine qui peut élaborer la Constitution.
La participation populaire peut s’exercer selon plusieurs modalités, plus ou moins démocratiques.
Le peuple est appelé à approuver ou rejeter un projet de Constitution élaboré par les détenteurs du pouvoir.
Le peuple élit une assemblée chargée de rédiger la Constitution. Ce mode favorise un débat approfondi.
Le peuple élit une assemblée constituante, puis adopte le texte final par référendum. Cette procédure est la plus démocratique, bien que la multiplication des consultations puisse entraîner une lassitude populaire.
[Diagramme]
La Constitution est un texte vivant, qui évolue pour s’adapter aux transformations sociales, politiques et économiques.
La révision est une modification plus ou moins importante de la Constitution, encadrée par des procédures spécifiques, notamment dans les constitutions rigides.
L’abrogation totale est extrêmement rare et intervient généralement en période de crise grave, où le respect du droit est suspendu. Cette rareté souligne la stabilité que la Constitution doit assurer.
Même rigide et écrite, la Constitution n’est pas exhaustive ni figée. Elle peut être complétée par des règles non écrites et des pratiques constitutionnelles.
Dans certains États, notamment ceux sans Constitution écrite (ex : Royaume-Uni), des règles non écrites jouent un rôle fondamental.
La coutume nécessite deux conditions :
Cependant, la coutume constitutionnelle pose des difficultés :
On distingue :
Même dans des systèmes réputés coutumiers, la coutume constitutionnelle ne correspond pas toujours strictement à la définition juridique classique.

Cette compréhension globale permet d’appréhender la Constitution comme un fondement essentiel de l’État de droit et de la démocratie.
