Pharmacodynamie - Généralités, enzymes, récepteurs, mécanismes d'action

Pharmacocinétique - Généralités et concepts fondamentauxNiveau : intermediate26 novembre 2025
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Pharmacodynamie - Généralités, enzymes, récepteurs, mécanismes d'action

La pharmacodynamie est la branche de la pharmacologie qui étudie l'action des médicaments sur l'organisme, en particulier leurs mécanismes d'action au niveau moléculaire et cellulaire. Elle s'intéresse à la relation entre la concentration du médicament au site d'action et l'effet pharmacologique obtenu. Cette discipline complète la pharmacocinétique, qui étudie le devenir du médicament dans l'organisme, ainsi que la pharmacovigilance, qui vise à détecter et prévenir les effets secondaires @docUE 2.11 CM Dr Ausias - Pharmacodynamie 2024 2025.pdf.


Effet pharmacologique et effet thérapeutique

L'effet pharmacologique résulte de l'interaction spécifique entre un médicament et son site d'action, nécessitant une reconnaissance mutuelle et une affinité entre les deux. Cette interaction conduit à une modification de la fonction cellulaire ou tissulaire, qui peut se traduire par un effet thérapeutique lorsque l'action est bénéfique pour le patient.

Par exemple, les antiagrégants plaquettaires inhibent l'agrégation des plaquettes, diminuant ainsi le risque de thrombose et d'embolie artérielle @docUE 2.11 CM Dr Ausias - Pharmacodynamie 2024 2025.pdf.


Mécanismes d'action des médicaments

Les médicaments peuvent agir selon plusieurs mécanismes principaux, qui ciblent différentes structures ou fonctions biologiques :

  1. Remplacement d'une substance endogène Ce mécanisme substitutif intervient en cas de déficit de synthèse ou d'apport. Par exemple, l'insuline remplace une hormone déficiente, ou les vitamines D et B12 compensent un apport insuffisant.
  2. Interaction avec le métabolisme d'une substance endogène Le médicament peut bloquer ou stimuler la synthèse ou la dégradation d'une substance naturelle. Par exemple, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) inhibent la cyclo-oxygénase, réduisant la synthèse des prostaglandines. Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) bloquent la formation d'angiotensine II, un puissant vasoconstricteur, ce qui diminue la pression artérielle @docUE 2.11 CM Dr Ausias - Pharmacodynamie 2024 2025.pdf.
  3. Interaction avec les cibles des substances endogènes (récepteurs) Les médicaments peuvent agir en se liant aux récepteurs spécifiques, soit en les activant (agonistes), soit en les bloquant (antagonistes). Par exemple, les β-bloquants sont des antagonistes des récepteurs adrénergiques bêta, tandis que les morphiniques sont des agonistes des récepteurs aux enképhalines.
  4. Interaction avec les canaux membranaires ou systèmes de transport ionique Certains médicaments modulent les échanges ioniques à travers les membranes cellulaires, comme les diurétiques natriurétiques, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) ou les inhibiteurs des canaux calciques.
  5. Interaction avec des micro-organismes Les antibiotiques, antifongiques et antiviraux agissent en inhibant la synthèse de composants essentiels à la survie ou au développement des micro-organismes. Par exemple, les bêta-lactamines inhibent la synthèse de la paroi bactérienne.
  6. Propriétés physico-chimiques Certains médicaments n'interagissent pas avec un site cellulaire spécifique mais agissent par des mécanismes physiques ou chimiques, comme les anti-acides (hydroxyde d'aluminium et hydroxyde de magnésium), le mannitol (diurétique osmotique), ou le charbon (adsorbant) @docUE 2.11 CM Dr Ausias - Pharmacodynamie 2024 2025.pdf.

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Les enzymes

Les enzymes sont des biocatalyseurs protéiques qui accélèrent les réactions biochimiques, qu'elles soient anaboliques (synthèse) ou cataboliques (dégradation). Elles possèdent un site actif où se lie spécifiquement le substrat, et un site régulateur qui peut moduler leur activité.

Le fonctionnement enzymatique repose sur la reconnaissance spécifique du substrat et la formation d’un complexe enzyme-substrat, facilitant la transformation du substrat en produit. Ce processus est essentiel pour la régulation des voies métaboliques.

Inhibition enzymatique

Les médicaments peuvent agir en inhibant les enzymes, soit en se fixant sur le site actif, soit sur le site régulateur. Cette fixation empêche la formation du produit de la réaction, bloquant ainsi la progression de la réaction en chaîne. L’inhibition enzymatique peut diminuer ou potentialiser l’action d’un produit de réaction, selon le contexte thérapeutique @docUE 2.11 CM Dr Ausias - Pharmacodynamie 2024 2025.pdf.


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L’ADN comme cible pharmacologique

L’ADN, support de l’information génétique, joue un rôle clé dans la synthèse des protéines et la division cellulaire. Dans certaines pathologies, notamment les cancers, l’ADN devient une cible pharmacologique.

L’action sur l’ADN peut se faire par :

  • Blocage de son ouverture,
  • Formation de liaisons covalentes inter-brins ou intra-brins (adduits),
  • Alkylation via des agents alkylants.

Ces mécanismes induisent des effets toxiques, particulièrement sur les cellules à réplication rapide comme celles de la moelle osseuse, des tissus épithéliaux ou de la reproduction @docUE 2.11 CM Dr Ausias - Pharmacodynamie 2024 2025.pdf.


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Les récepteurs

Les récepteurs sont des protéines membranaires ou intracellulaires capables de reconnaître et de fixer spécifiquement des ligands endogènes ou exogènes. Ils jouent un rôle central dans la réponse cellulaire et sont l'interface entre la cellule et son milieu.

Types de récepteurs

  • Récepteurs nucléaires : situés dans le noyau ou migrent du cytosol vers le noyau, ils modulent directement la transcription de l'ADN en ARN messager, influençant la synthèse protéique. Exemples : récepteurs des hormones thyroïdiennes et stéroïdiennes.
  • Récepteurs transmembranaires couplés aux canaux ioniques : permettent le passage d'ions à travers la membrane cellulaire, comme les récepteurs à l'acétylcholine ou les benzodiazépines.
  • Récepteurs transmembranaires couplés aux protéines G : les plus répandus, ils fonctionnent via des seconds messagers (exemple : AMPc) et induisent des modifications enzymatiques par phosphorylation ou déphosphorylation. Exemples : récepteurs adrénergiques, récepteurs aux inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI).

La liaison médicament-récepteur

La liaison entre un médicament (ligand) et son récepteur présente plusieurs caractéristiques fondamentales :

  • Spécificité : la liaison spécifique se fait avec une forte affinité selon le modèle « clé-serrure », induisant un effet biologique. À l’inverse, une liaison non spécifique, avec faible affinité (ex : albumine), n’a pas d’effet biologique.
  • Saturabilité : le nombre de récepteurs est limité, ce qui crée un plateau d’efficacité lorsque tous sont occupés.
  • Stabilité : la liaison peut être réversible (liaison non covalente, équilibre dynamique) ou irréversible (liaison covalente, fixation définitive).
  • Affinité : capacité d’un ligand à se lier à son récepteur, inversement proportionnelle à la constante de dissociation [Formule]. Plus [Formule] est faible, plus l’affinité est élevée. [Formule] correspond à la concentration de ligand nécessaire pour occuper 50 % des récepteurs.
  • Sélectivité : une substance est sélective si elle a une affinité plus élevée pour un récepteur donné que pour d’autres, induisant un effet à faible dose. La sélectivité diminue avec l’augmentation des doses, pouvant entraîner des effets indésirables. Par exemple, les bêta-bloquants cardiosélectifs ciblent préférentiellement les récepteurs cardiaques @docUE 2.11 CM Dr Ausias - Pharmacodynamie 2024 2025.pdf.

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Agonistes et antagonistes

L'action sur les récepteurs peut être de deux types :

  • Agonistes : ligands qui activent le récepteur et renforcent la réponse cellulaire.
  • Antagonistes : ligands qui bloquent la réponse, souvent par compétition avec le ligand naturel.

Exemples d’applications pharmacodynamique

  • Récepteur GABA
    ******************************Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Les benzodiazépines (ex : bromazépam, alprazolam) sont des agonistes qui facilitent l’entrée des ions chlorure, réduisant l’excitabilité neuronale. Le flumazénil est un antagoniste utilisé comme antidote en cas de surdosage ******************************@docUE 2.11 CM Dr Ausias - Pharmacodynamie 2024 2025.pdf.
  • Opioïdes forts
    ******************************La morphine, le fentanyl et leurs dérivés sont des agonistes puissants des récepteurs opioïdes, utilisés pour le traitement de la douleur. Des antagonistes comme la naloxone sont utilisés pour inverser les effets en cas de surdosage ******************************@docUE 2.11 CM Dr Ausias - Pharmacodynamie 2024 2025.pdf.

Points clés à retenir

  • La pharmacodynamie décrit comment les médicaments interagissent avec leurs cibles biologiques pour produire un effet pharmacologique, qui peut être thérapeutique ou toxique.
  • Les principales cibles pharmacodynamiques sont les récepteurs, les enzymes, les canaux ioniques, les micro-organismes, et parfois l’ADN ou des mécanismes physico-chimiques.
  • La liaison médicament-récepteur est spécifique, saturable, et peut être réversible ou irréversible, avec une affinité et une sélectivité variables.
  • La compréhension des mécanismes d’action permet d’optimiser l’efficacité thérapeutique tout en minimisant les effets indésirables.

La courbe dose-réponse

La courbe dose-réponse est une représentation graphique de l’effet d’un médicament en fonction de sa dose administrée. Elle permet de quantifier la relation entre la dose et l’intensité de l’effet, qui peut varier de l’absence d’effet à un effet maximal.

Effet mesurable avec intensité variable :
L’effet n’est pas toujours binaire ; il peut varier en intensité selon la dose, par exemple une douleur pouvant être atténuée de façon graduelle.

DE50 (dose efficace 50%) :
C’est la dose du médicament à laquelle on observe 50 % de l’effet maximal. Le DE50 est une mesure de la puissance d’un agoniste ; plus le DE50 est faible, plus le médicament est puissant pour produire l’effet désiré.

Distinction entre efficacité et puissance :

  • Efficacité : degré d’effet maximal qu’un médicament peut produire, indépendamment de la dose.
  • Puissance : dose nécessaire pour atteindre un effet donné (souvent le DE50). Un agoniste peut être puissant (faible DE50) mais peu efficace s’il ne produit qu’un faible effet maximal.

Exercice de classement :
Classer les agonistes suivants en tant qu’agonistes pleins ou partiels :

  • A : Effet maximal élevé, DE50 faible
  • B : Effet maximal modéré, DE50 élevé
  • C : Effet maximal faible, DE50 faible

Réponse attendue :

  • Agoniste entier : A (effet maximal élevé, faible DE50)
  • Agoniste partiel : C (effet maximal faible, DE50 faible)
  • B pourrait être un agoniste partiel ou entier selon les autres propriétés, mais généralement, un agoniste entier a une efficacité proche de 100% et un DE50 faible. FIN DU CONTENU ACTUEL DE LA FICHE

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES PHARMACODYNAMIQUES ET PHARMACOCINÉTIQUES

Les interactions médicamenteuses peuvent modifier l’efficacité ou la toxicité d’un traitement. Elles se divisent en deux grandes catégories : pharmacodynamiques et pharmacocinétiques.

Interactions pharmacodynamiques

Elles résultent d’effets additifs, synergistes ou antagonistes entre deux médicaments agissant sur la même cible ou sur des mécanismes liés. La plupart concernent la modulation de l’effet pharmacologique, sans modifier la concentration du médicament.

Exemples :

  • Jus de pamplemousse : inhibe le CYP3A4 hépatique, entraînant une augmentation de la concentration plasmatique des médicaments métabolisés par cette enzyme (ex : certains corticoïdes, benzodiazépines), augmentant ainsi le risque d’effets indésirables.
  • Rifampicine : induit le CYP3A4, accélérant le métabolisme des médicaments, déficit de leur efficacité (ex : AVK, contraceptifs oraux).
  • AVK + vitamine K : interaction pharmacodynamique où la vitamine K antagonise l’effet anticoagulant des AVK, nécessitant une surveillance du INR.

Interactions pharmacocinétiques

Elles affectent l’absorption, la distribution, le métabolisme ou l’élimination du médicament, modifiant sa concentration au site d’action.

Exemples :

  • Jus de pamplemousse : augmente la plasma concentration de certains médicaments par inhibition du CYP3A4.
  • Rifampicine : diminue la concentration d’autres médicaments par induction enzymatique.
  • AVK + vitamine K : la vitamine K modifie la dynamique de l’effet anticoagulant via l’action sur la synthèse de facteurs de coagulation.

Niveaux de contrainte de l’ANSM : modalités de gestion

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) définit quatre niveaux de contrainte pour la gestion des interactions médicamenteuses, à prendre en compte pour assurer la sécurité du patient :

  1. À prendre en compte : L’interaction existe mais peut être gérée par une surveillance renforcée ou un ajustement posologique.
    Exemple : utilisation concomitante de médicaments métabolisés par le CYP3A4 avec une surveillance du taux de concentration ou d’effet.
  2. Précautions d’emploi : L’utilisation doit être accompagnée de recommandations spécifiques (surveillance, ajustements), ou nécessite une information claire au patient.
    Exemple : association AVK et vitamine K à faire sous contrôle du INR.
  3. Association déconseillée : La combinaison doit généralement être évitée, sauf situations exceptionnelles ou sous surveillance étroite.
    Exemple : certains anticancéreux et traitements hépatotoxiques.
  4. Contre-indication : La combinaison est formellement à éviter, car elle présente un risque grave d’efficacité réduite ou de toxicité.
    Exemple : association de certains inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) avec certains antidépresseurs ou médicaments stimulant la sértonine.

Ces niveaux doivent être systématiquement évalués lors de la prescription et de la surveillance du traitement pour minimiser les risques liés aux interactions.


VARIABILITÉS PHARMACODYNAMIQUES

Les variabilités pharmacodynamiques désignent les différences d’efficacité ou de sensibilité à un médicament selon divers facteurs. Elles expliquent pourquoi un patient peut répondre différemment à un même traitement, en dépit de doses identiques. Ces variabilités peuvent être classées en plusieurs catégories :

Variations génétiques / pharmacogénétiques

Les polymorphismes génétiques influencent la sensibilité des récepteurs, enzymes ou autres cibles. Par exemple, certains variants du gène codant pour les récepteurs β-adrénergiques modulent la réponse aux β-bloquants. De même, des polymorphismes du CYP2D6 influencent la conversion de certains antidépresseurs en leurs formes actives ou actiniques, modifiant ainsi leur efficacité et leur toxicité.

Tolérance

La tolérance correspond à une diminution progressive de la réponse à un médicament après une administration répétée. Par exemple, avec la trinitrine (patch ou spray), l’effet vasodilatateur diminue avec le temps si le traitement est prolongé, nécessitant une pause thérapeutique (intermittence) pour préserver l’efficacité.

Dépendance

Certains médicaments peuvent entraîner une dépendance psychique ou physique. Les opioïdes, benzodiazépines ou certains psychotropes peuvent provoquer une tolérance à l’effet ainsi qu’un syndrome de sevrage à l’arrêt, ce qui influence leur utilisation et leur surveillance.

Influence de l’environnement

L’environnement et le mode de vie peuvent moduler la réponse pharmacodynamique. La consommation d’alcool peut potentialiser ou diminuer certains effets, par exemple en accentuant la dépresseurion du système nerveux central par certains anxiolytiques. La consommation de réglisse, contenant de la glycyrrhizine, peut provoquer une hypertension en augmentant la durée d’action des corticostéroïdes ou en modifiant la balance minéralocorticoïde. La composition alimentaire (alcool, graisse, fibres, certains aliments comme la soja ou le pomélo) peut donc influencer la sensibilité du patient.

Populations particulières

  • Enfants : leur système nerveux ou leur métabolisme peuvent réagir différemment, avec une sensibilité accrue ou des effets secondaires spécifiques.
  • Personne âgée : augmentation de la sensibilité aux médicaments (récepteurs, métabolisme), risque accru d’effets secondaires, interactions médicamenteuses et tolérance variable.
  • Grossesse / allaitement : certains récepteurs ou enzymes se modifient, et la sérole ou le placenta peuvent représenter des cibles ou des barrières pour certains médicaments, avec un risque pour le fœtus ou le nourrisson.

Pathologies

  • Insuffisance rénale : altère l’élimination des médicaments, pouvant augmenter ou prolonger leur effet pharmacodynamique.
  • Insuffisance hépatique : modifie le métabolisme de nombreux médicaments, potentiellement à l’origine d’accumulation ou d’effets inattendus.

Ces facteurs illustrent la~~ nécessité d’~~une prise en charge individualisée et d’une surveillance constante pour optimiser la thérapie.


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