COURS 9 - HISTOIRE POLITIQUE, SOCIALE ET CULTURELLE DE LA FRANCE 1946-1974

Cours Histoire28 novembre 2025
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COURS 9 - HISTOIRE POLITIQUE, SOCIALE ET CULTURELLE DE LA FRANCE 1946-1974


Introduction générale

La période allant de 1946 à 1974 en France est marquée par des transformations politiques, sociales et culturelles majeures. Elle débute avec l’instauration de la IVe République, un régime parlementaire caractérisé par une instabilité chronique, et s’achève sous la présidence de Georges Pompidou, héritier du gaullisme. Entre-temps, la France connaît la guerre d’Algérie, la naissance de la Ve République, les Trente Glorieuses avec leur essor économique et social, ainsi que des mutations culturelles profondes, notamment à travers l’engagement intellectuel et la contestation de mai 1968.

Cette fiche de révision propose une analyse structurée de ces évolutions, en articulant les dimensions politiques, sociales et culturelles, tout en illustrant les phénomènes clés par des exemples, des diagrammes et des références précises.


I. La IVe République : un régime parlementaire instable (1946-1958)

1. Mise en place et caractéristiques institutionnelles

Après la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) conduit à l’adoption d’une nouvelle Constitution le 27 octobre 1946, qui réaffirme les principes républicains fondamentaux, notamment l’attachement à la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et la souveraineté nationale exercée par le peuple. La IVe République s’installe sur un modèle parlementaire proche de la IIIe République, où le Parlement, et en particulier l’Assemblée nationale élue au suffrage universel direct, est la clé de voûte des institutions.

Le président de la République est élu par les deux chambres, tandis que le président du Conseil (chef du gouvernement) est responsable devant l’Assemblée nationale, ce qui limite fortement le pouvoir exécutif. Cette organisation institutionnelle favorise une instabilité gouvernementale chronique, avec vingt-quatre gouvernements successifs en douze ans.

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2. Le tripartisme et ses limites

Le régime s’appuie initialement sur une alliance tripartite entre le Parti communiste français (PCF), la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et le Mouvement républicain populaire (MRP). Cette coalition s’effondre en mai 1947 avec l’exclusion des ministres communistes, qui entrent en opposition. Parallèlement, le général de Gaulle fonde le Rassemblement du peuple français (RPF) pour critiquer le régime.

Les divisions politiques s’exacerbent notamment autour de la politique extérieure : l’acceptation du plan Marshall et la construction européenne divisent communistes et gaullistes d’un côté, socialistes, radicaux et MRP de l’autre. Par ailleurs, les questions coloniales, notamment la guerre d’Indochine (1946-1954), accentuent les tensions.

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3. Tentatives de rénovation politique

Pierre Mendès France, président du Conseil en 1954, incarne une volonté de rénovation politique. Il obtient les accords de Genève qui mettent fin à la guerre d’Indochine et impulse la décolonisation de la Tunisie et du Maroc. Cependant, son gouvernement échoue à faire ratifier la Communauté européenne de défense (CED) et à résoudre la crise algérienne, ce qui conduit à sa chute en 1955.


II. La crise algérienne et la fin de la IVe République

1. Déclenchement et déroulement du conflit

La guerre d’Algérie débute avec le soulèvement du 1er novembre 1954, appelé « la Toussaint rouge », qui marque le début d’une rébellion contre la présence française. L’Algérie, département français depuis 1848, est administrée par un double pouvoir : un gouverneur général représentant l’État et une Assemblée algérienne élue par deux collèges distincts (Européens et musulmans).

Le gouvernement français tente d’abord une répression policière, puis militaire à partir de 1955. En 1956, Guy Mollet, président du Conseil, crée un ministère spécifique à l’Algérie et obtient des pouvoirs spéciaux de l’Assemblée, intensifiant la guerre. Sa visite à Alger provoque une émeute, et la guerre se durcit, avec l’usage controversé de la torture, qui divise l’opinion publique et suscite une condamnation internationale.

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2. La crise du 13 mai 1958 et l’instauration de la Ve République

La crise atteint son paroxysme en mai 1958 lorsque des Français d’Algérie et l’armée appellent le général de Gaulle à prendre le pouvoir. Investi président du Conseil le 1er juin, il obtient les pleins pouvoirs pour réviser la Constitution. Ce retour suscite une vive opposition à gauche, qui dénonce un « coup d’État ».

La IVe République meurt officiellement avec la nouvelle Constitution soumise à référendum le 28 septembre 1958, approuvée à 79 % avec une participation de 85 %. La Ve République est née, marquant un tournant majeur dans l’histoire politique française @doc1746452712_MjY3MjUzMjU0MjU2MjQ5MjU2Mjk5MjQ4MzEwMTI1NjMxMDEzMTAwMjk4MjUwMjU2.pdf.


III. La Ve République gaulliste : renouveau institutionnel et politique (1958-1969)

1. Mise en place et caractéristiques du régime

Le général de Gaulle incarne le renouveau républicain. Lors de sa cérémonie d’investiture, il met en scène l’unité nationale sous les symboles de la République française et de la Ve République, malgré les tensions avec les opposants communistes.

La Constitution de 1958 instaure un régime de « parlementarisme rationalisé » où le président dispose de pouvoirs étendus :

  • Nomination du Premier ministre
  • Dissolution de l’Assemblée nationale
  • Recours au référendum
  • Pouvoirs exceptionnels en cas de crise (article 16)

Le Conseil constitutionnel est créé pour contrôler la constitutionnalité des lois, limitant la souveraineté parlementaire.

2. La guerre d’Algérie et la consolidation du pouvoir présidentiel

La guerre d’Algérie reste au cœur de la vie politique jusqu’en 1962. De Gaulle engage la fin du conflit et l’indépendance algérienne malgré l’opposition violente de certains militaires et de l’OAS (Organisation de l’armée secrète).

En 1962, l’élection du président de la République au suffrage universel direct, adoptée par référendum, consolide le pouvoir exécutif et la légitimité présidentielle, incarnant l’autorité de l’État face aux critiques d’un pouvoir personnel.


IV. La politique gaulliste et les mutations économiques (1962-1969)

1. Politique extérieure et grandeur nationale

Entre 1962 et 1969, la politique de Charles de Gaulle vise à renforcer la grandeur nationale et l’indépendance de la France :

  • Affirmation du statut de puissance mondiale grâce à la dissuasion nucléaire (premier essai en 1960)
  • Retrait du commandement intégré de l’OTAN en 1966
  • Défense d’une Europe des Nations, opposition à l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté européenne
  • Renforcement de l’axe franco-allemand avec le traité d’amitié de 1963

2. Modernisation économique et aménagement du territoire

L’État joue un rôle d’entrepreneur, soutenant des projets innovants tels que :

  • Le Concorde (1962)
  • Airbus (1967)

Il investit également dans l’aménagement du territoire via la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) créée en 1963.

3. La crise de mai 1968

Mai 1968 est une crise multiforme, sociale, culturelle et politique, débutée à l’université de Nanterre, qui aboutit à une grève générale paralysant le pays avec 10 millions de salariés en arrêt.

Face à cette contestation, le général de Gaulle dissout l’Assemblée nationale et organise un référendum en 1969. L’échec de ce dernier entraîne sa démission.

Son successeur, Georges Pompidou, incarne un gaullisme sans De Gaulle, poursuivant la modernisation tout en adaptant la politique sociale et régionale.

Mai 68

[Diagramme]


V. Les Trente Glorieuses : croissance économique et transformations sociales (1945-1973)

1. Croissance économique et amélioration du niveau de vie

La période des Trente Glorieuses est caractérisée par une forte croissance économique et une hausse considérable du niveau de vie :

  • Le revenu par tête double entre 1953 et 1968
  • L’augmentation du pouvoir d’achat favorise la consommation
  • La part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages baisse de 40 % en 1954 à 25 % en 1974
  • La démocratisation de l’équipement électroménager (réfrigérateur : 7,5 % à 91 % entre 1954 et 1975) et de l’automobile symbolise l’entrée dans la société de consommation, qualifiée de « civilisation des loisirs » par Joffre Dumazedier

La société de consommation

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2. Mutation sociale et évolution des classes sociales

Le secteur secondaire connaît une forte croissance après 1946 :

  • Part des ouvriers passe de 29,8 % en 1946 à 38 % en 1962, puis stagne à 39,4 % en 1968
  • Stratification ouvrière : baisse des manœuvres, hausse des ouvriers spécialisés, qualifiés et contremaîtres
  • Émergence d’une nouvelle classe ouvrière proche des classes moyennes

Le secteur tertiaire se développe fortement, dépassant 50 % des actifs en 1975 contre 34 % en 1946, avec l’essor des cadres comme figure emblématique des Trente Glorieuses.

Parallèlement, la population rurale diminue fortement (46,8 % en 1946 à 33,8 % en 1968), tandis que l’urbanisation s’accélère avec la construction massive de logements dans les banlieues.

Cette évolution sociale s’accompagne d’une uniformisation croissante des modes de vie et des comportements.

3. Transformations culturelles et contestations sociales

À partir de 1965, un tournant majeur s’opère dans les comportements collectifs :

  • Baisse de la fécondité et de la pratique religieuse
  • Crise des institutions traditionnelles
  • Développement de l’individualisme et de l’hédonisme
  • Difficultés accrues pour l’autorité et les relations hiérarchiques, notamment au travail
  • Émergence de nouvelles luttes sociales et expériences d’autogestion (exemples : Lip, Larzac)
  • La crise de mai 1968 illustre ces transformations profondes, révélant un rejet du productivisme et des structures autoritaires, marquant un fossé entre la société des Trente Glorieuses et les valeurs d’avant 1945

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VI. L’engagement intellectuel et les mutations culturelles

1. L’intellectuel engagé et la lutte des classes mondialisée

Après la guerre d’Algérie, l’engagement des intellectuels français s’atténue, tandis que la lutte des classes prend une dimension mondiale. Initialement centrée sur l’opposition bourgeoisie-prolétariat, cette lutte se redéfinit en termes de conflit entre le Tiers Monde et l’impérialisme.

Les nations du Tiers Monde sont alors perçues comme les nouvelles forces révolutionnaires devant renverser un capitalisme globalisé. La Chine, incarnant un communisme tiers-mondiste, devient un modèle et un moteur pour de nombreux étudiants, notamment à travers le maoïsme. Cette dynamique révolutionnaire est renforcée par la guerre du Vietnam, qui symbolise pour la jeunesse, notamment celle du baby-boom, cette lutte des classes à l’échelle planétaire.

2. Jean-Paul Sartre et le devoir d’engagement

L’intellectuel engagé, incarné par Jean-Paul Sartre, théorise dès 1945 le devoir d’engagement, qui s’impose comme une caractéristique essentielle de l’intellectuel. Ce militantisme se manifeste fortement durant les guerres coloniales, avec des textes emblématiques comme :

  • Le « manifeste des 121 » (1960), soutenant le droit à l’insoumission
  • Le « manifeste des intellectuels français », à tonalité plus conservatrice

Jean-Paul Sartre


Conclusion : points clés à retenir

  • La IVe République (1946-1958) est un régime parlementaire marqué par une instabilité politique chronique, la fin du tripartisme et des tensions coloniales, notamment la guerre d’Algérie.
  • La crise algérienne conduit à la chute de la IVe République et au retour du général de Gaulle, qui instaure la Ve République en 1958, renforçant le pouvoir exécutif.
  • La Ve République est caractérisée par un « parlementarisme rationalisé » et un président doté de pouvoirs étendus, consolidés par l’élection au suffrage universel direct en 1962.
  • La politique gaulliste entre 1962 et 1969 vise à affirmer la grandeur nationale, moderniser l’économie et gérer les crises sociales, dont mai 1968 est l’expression majeure.
  • Les Trente Glorieuses sont une période de forte croissance économique, d’amélioration du niveau de vie, mais aussi de mutations sociales profondes, avec l’essor du secteur tertiaire et l’évolution des classes sociales.
  • Les transformations culturelles et sociales des années 1960-1970 se traduisent par une contestation des valeurs traditionnelles, une montée de l’individualisme et un engagement intellectuel renouvelé, notamment autour des guerres coloniales et des luttes mondiales.

Cette synthèse permet de comprendre les dynamiques complexes qui ont façonné la France entre 1946 et 1974, en articulant les dimensions politiques, sociales et culturelles, et en s’appuyant sur des exemples précis et des analyses rigoureuses @doc1746452712_MjY3MjUzMjU0MjU2MjQ5MjU2Mjk5MjQ4MzEwMTI1NjMxMDEzMTAwMjk4MjUwMjU2.pdf.

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