Advanced features available in the app
Les nombres complexes sont apparus au XVIe siècle, notamment dans le cadre de la résolution des équations polynomiales cubiques. Face à des expressions impliquant la racine carrée de nombres négatifs, qui n’ont pas de sens dans l’ensemble des nombres réels, les mathématicien·nes ont été amené·es à étendre le système numérique pour inclure ces nouveaux objets, les nombres complexes.
Aujourd’hui, les nombres complexes sont essentiels dans de nombreux domaines des mathématiques, de la physique et de l’ingénierie. Cette fiche présente une introduction aux nombres complexes, leur forme algébrique, les opérations de base, ainsi que leur représentation géométrique.
L’étude des équations cubiques, c’est-à-dire des polynômes de degré 3, a été le moteur historique de la découverte des nombres complexes. La méthode de résolution dite de Cardan repose sur la substitution :
[ x = u + v, ]
qui permet de transformer l’équation cubique en un système sur [Formule] et [Formule].
[ x^{3} - 6x - 9 = 0. ]
En posant [Formule], on développe :
[ (u+v)^3 - 6(u+v) - 9 = 0, ]
ce qui donne :
[ u^3 + v^3 + 3uv(u+v) - 6(u+v) - 9 = 0. ]
En imposant la condition :
[ 3uv - 6 = 0 \quad \Longleftrightarrow \quad uv = 2, ]
l’équation se simplifie en :
[ u^3 + v^3 = 9. ]
On obtient alors le système :
[ [Contenu mathématique] ]
Ainsi, [Formule] et [Formule] sont racines du polynôme :
[ X^2 - 9X + 8 = 0, ]
dont les racines sont [Formule] et [Formule]. On en déduit :
[ u = \sqrt[3]{1} = 1, \quad v = \sqrt[3]{8} = 2, ]
et donc la solution de l’équation est :
[ x = u + v = 3. ]
Pour une équation cubique générale :
[ x^{3} + p x + q = 0, ]
on pose [Formule] avec la condition :
[ 3 u v + p = 0. ]
Alors, [Formule] et [Formule] satisfont le système :
[ [Contenu mathématique] ]
Ainsi, [Formule] et [Formule] sont racines du polynôme :
[ X^2 + q X - \frac{p^3}{27} = 0. ]
[ u = \sqrt[3]{-\frac{q}{2} + \sqrt{\left(\frac{q}{2}\right)^2 + \left(\frac{p}{3}\right)^3}}, \quad v = \sqrt[3]{-\frac{q}{2} - \sqrt{\left(\frac{q}{2}\right)^2 + \left(\frac{p}{3}\right)^3}}. ]
Les cas où le discriminant est négatif sont appelés cas irréductibles. Pourtant, toute équation cubique admet au moins une solution réelle, comme l’indique le théorème des valeurs intermédiaires :
[ \lim_{x \to +\infty} x^3 + p x + q = +\infty, \quad \lim_{x \to -\infty} x^3 + p x + q = -\infty, ]
donc la fonction s’annule au moins une fois sur [Formule].
Pour résoudre ces cas, Raphaël Bombelli a accepté d’utiliser la racine carrée de nombres négatifs, introduisant ainsi les nombres complexes.
[ x^{3} = 15 x + 4, ]
soit sous la forme [Formule] avec :
[ p = -15, \quad q = -4. ]
Le polynôme associé pour [Formule] et [Formule] est :
[ X^2 - 4 X + 125 = 0, ]
dont le discriminant est négatif :
[ \Delta = (-4)^2 - 4 \times 1 \times 125 = 16 - 500 = -484 < 0. ]
Bombelli utilise alors :
[ \sqrt{-484} = 22 i, ]
avec [Formule], une nouvelle unité imaginaire.
Les racines sont :
[ 2 + 11 i, \quad 2 - 11 i, ]
et il cherche [Formule] et [Formule] tels que :
[ u^3 = 2 + 11 i, \quad v^3 = 2 - 11 i. ]
Il remarque que :
[ u = 2 + i, \quad v = 2 - i, ]
car :
[ (2 + i)^3 = 2 + 11 i, \quad (2 - i)^3 = 2 - 11 i. ]
La solution réelle est alors :
[ x = u + v = 4. ]
[Diagramme]
Pour formaliser l’usage des racines carrées de nombres négatifs, on introduit une nouvelle unité imaginaire [Formule] définie par :
[ i^2 = -1. ]
Cette définition évite les erreurs liées à la manipulation abusive de la notation [Formule] pour des nombres négatifs.
Il existe un ensemble [Formule], appelé ensemble des nombres complexes, muni de deux opérations (addition et multiplication) qui :
[ i^2 = -1. ]
Tout nombre complexe [Formule] s’écrit de manière unique sous la forme :
[ z = a + i b, \quad a,b \in \mathbb{R}. ]
Pour [Formule] :
Remarque : La partie imaginaire est un réel, pas un nombre complexe. Par exemple, pour [Formule] :
[ \mathfrak{Re}(z) = 2, \quad \mathfrak{Im}(z) = -3. ]
Si deux écritures sont égales :
[ a + i b = a' + i b', ]
alors :
[ a = a', \quad b = b'. ]
L’addition de deux nombres complexes se fait en additionnant séparément leurs parties réelles et imaginaires :
[ (a + i b) + (a' + i b') = (a + a') + i (b + b'). ]
Exemple :
[ (2 + 3i) + (4 - 5i) = (2 + 4) + i (3 - 5) = 6 - 2i. ]
La multiplication d’un nombre complexe par un réel [Formule] est distributive :
[ \lambda (a + i b) = \lambda a + i (\lambda b). ]
Exemple :
[ -4 \times (2 - 3i) = -8 + 12 i. ]
Pour tous [Formule] et [Formule] :
Chaque nombre complexe [Formule] correspond à un point [Formule] de coordonnées [Formule] dans un plan muni d’un repère orthonormé :
Les nombres imaginaires purs correspondent à la droite verticale, les nombres réels à la droite horizontale.

[Diagramme]
Cette double perspective algébrique et géométrique est fondamentale pour la compréhension et la manipulation des nombres complexes dans de nombreux domaines mathématiques et appliqués.
Cette fiche synthétise les fondements historiques et mathématiques des nombres complexes, leur forme algébrique, leurs opérations de base, ainsi que leur représentation géométrique dans le plan complexe.
