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L'atrophie corticale postérieure (ACP) est un syndrome clinicoradiologique caractérisé par une détérioration progressive des fonctions visuelles supérieures, associée à une atrophie des régions postérieures du cortex cérébral. Souvent liée à la maladie d'Alzheimer (MA), l'ACP peut aussi résulter d'autres causes dégénératives. Ce syndrome se manifeste principalement par des troubles visuospatiaux complexes, incluant simultagnosie, alexie, agnosie visuelle, prosopagnosie, et désorientation topographique.
Traditionnellement, les critères diagnostiques de l'ACP excluaient la présence d'un déficit visuel primaire, mais des observations récentes ont montré que certains patients présentent une hémianopsie latérale homonyme (HLH), une perte de la moitié du champ visuel, souvent sous-diagnostiquée faute de recherche systématique. Cette fiche de révision synthétise les données cliniques, neuroanatomiques et évolutives issues de six cas documentés, illustrant le lien entre ACP et HLH, ainsi que les implications diagnostiques et pronostiques.
L'ACP se manifeste par une atteinte progressive des fonctions visuelles supérieures, sans déficit visuel primaire initialement évident. Les symptômes visuels typiques incluent :
Ces troubles s'inscrivent souvent dans un syndrome de Balint complet, associant simultagnosie, apraxie du regard et ataxie optique.
Les symptômes débutent modérément et s'aggravent progressivement, conduisant à un syndrome démentiel en 1 à 5 ans, avec une évolution vers une démence compatible avec une maladie d'Alzheimer probable dans la majorité des cas. Certains cas peuvent évoluer vers une dégénérescence corticobasale.
L'HLH est une perte du champ visuel latéral homonyme (même côté dans les deux yeux), liée à une atteinte des voies visuelles rétrochiasmales, notamment du cortex visuel primaire. Dans l'ACP, l'HLH est rare mais probablement sous-diagnostiquée, car elle n'est pas systématiquement recherchée.
L'HLH s'accompagne systématiquement d'un ensemble de troubles visuels corticaux (simultagnosie, alexie, prosopagnosie, apraxie, négligence hémispatiale) et évolue vers une démence.
Six patients (4 femmes, 2 hommes) âgés de 63 à 80 ans ont été suivis entre 1999 et 2005 dans un service spécialisé en neuro-ophtalmologie. Tous présentaient une HLH confirmée par périmétrie (statique automatisée ou cinétique de Goldmann), avec fiabilité contrôlée.
| Cas | Âge | HLH | Imagerie | Symptômes associés | Évolution | Diagnostic final |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 66 ans | HLH gauche complète | Atrophie occipitale bilatérale (plus à droite), hypodébit temporo-pariéto-occipital droit | Troubles visuoperceptifs, apraxie constructive, simultagnosie modérée | Aggravation : agnosie visuelle, alexie, prosopagnosie, négligence gauche, troubles mnésiques, syndrome dyséxécutif | MA probable |
| 2 | 69 ans | HLH droite | Atrophie pariéto-occipitale gauche, hypodébit postérieur gauche sévère | Acuité visuelle réduite, alexie sans agraphie, ataxie optique, apraxie du regard, prosopagnosie, aphasie fluente | Dépendance progressive, troubles mnésiques | MA probable |
| 3 | 63 ans | HLH gauche | Atrophie corticale postérieure asymétrique (plus à droite), hypodébit bilatéral prédominant à droite | Troubles visuels complexes, apraxie du regard, simultagnosie, agnosie visuelle, alexie avec agraphie, prosopagnosie, négligence gauche | Désorientation, anxiété, non autonomie | MA probable |
| 4 | 80 ans | HLH droite massive | Atrophie corticale et sous-corticale bilatérale (plus à gauche) | Apraxie mélokinétique bilatérale, syndrome parkinsonien doparésistant | Troubles cognitifs sévères, apraxie gestuelle, perte de station debout | Dégénérescence corticobasale |
| 5 | 70 ans | HLH gauche | Hypodébit postérieur bilatéral prédominant à droite | Simultagnosie, agnosie des formes, prosopagnosie, apraxie constructive, troubles mnésiques | Aggravation mnésique, négligence hémispatiale, apraxie d’habillage | MA probable |
Ces cas illustrent que l'HLH initiale est souvent associée à une atrophie corticale postérieure asymétrique et un hypodébit cérébral bilatéral, avec une évolution vers des troubles cognitifs et visuels complexes compatibles avec une MA probable ou une dégénérescence corticobasale @docTexte 3 Formaglio 2009 HLH et ACP-3.pdf.
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L'HLH dans l'ACP est liée à une atteinte dégénérative des aires visuelles primaires (cortex occipital) dans au moins la moitié des cas, notamment ceux avec HLH complète et congruente. Cette atteinte correspond à une lésion globale ou partielle de la scissure calcarine, qui héberge le cortex visuel primaire.
Ces observations concordent avec la topographie des fibres rétiniennes dans les radiations optiques et le cortex occipital, expliquant la diversité des profils de champ visuel.
L'HLH s'accompagne systématiquement de troubles visuels et gestuels corticaux, notamment :
La baisse d'acuité visuelle observée dans plusieurs cas est probablement liée à ces troubles neurovisuels plutôt qu'à une atteinte de la vision centrale.
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Tous les patients présentent une atrophie corticale postérieure, souvent asymétrique, touchant les régions occipitopariétales. Cette atrophie est plus marquée du côté opposé à l'HLH.
L'étude des débits sanguins cérébraux par SPECT révèle un hypodébit postérieur, bilatéral mais souvent asymétrique, corrélé à la latéralisation de l'HLH. Ce déficit fonctionnel reflète l'atteinte dégénérative des aires visuelles et associatives.
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Cette synthèse souligne l'importance d'une approche multidisciplinaire combinant neuro-ophtalmologie, neuroimagerie et neuropsychologie pour mieux comprendre et diagnostiquer l'ACP et ses manifestations visuelles @docTexte 3 Formaglio 2009 HLH et ACP-3.pdf @docTexte 3 Formaglio 2009 HLH et ACP-3.pdf @docTexte 3 Formaglio 2009 HLH et ACP-3.pdf.
