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La microéconomie s'intéresse notamment au comportement du consommateur, c’est-à-dire à la manière dont les individus décident d’allouer leur revenu limité à l’achat de biens et de services. L’objectif principal est de comprendre comment ils maximisent leur bien-être ou leur satisfaction à travers leurs choix.
Ce chapitre aborde plusieurs aspects essentiels :
Ces notions permettent de répondre à des questions fondamentales telles que : comment les consommateurs décident-ils de leurs achats ? Comment leurs préférences influencent-elles leur demande ? Quelles sont les limites imposées par leur revenu ? Comment peut-on déduire leurs préférences à partir de leur comportement observé ? Et enfin, comment le concept d’utilité marginale guide leurs décisions ?
La théorie du consommateur s’appuie sur trois piliers pour expliquer le comportement d’achat :
Les préférences traduisent ce que l’individu aime ou n’aime pas, ses goûts et ses désirs. Elles expliquent pourquoi certains individus préfèrent un bien à un autre. Par exemple, une personne peut préférer boire du thé plutôt que du café ou préférer un trajet en métro plutôt qu’en voiture. Ces préférences sont subjectives, mais elles sont supposées cohérentes et rationnelles pour permettre une modélisation.
Exemple précis : Supposons qu’un consommateur préfère une combinaison de 2 pommes et 3 bananes plutôt qu’une autre de 3 pommes et 1 banane. Sa préférence reflète ses goûts personnels, qui peuvent être influencés par des facteurs culturels, personnels ou de santé.
Les préférences peuvent être représentées graphiquement par des courbes d’indifférence, ou « indifférence », qui relient des combinaisons de biens entre lesquelles l’individu est indifférent (il ne préfère pas une à l’autre).
Graphique : [Diagramme]
Propriété : cohérence et transitivité. Si un individu préfère A à B, et B à C, alors il préfère A à C.
Les contraintes budgétaires représentent la limite financière du consommateur. Il dispose d’un revenu limite qu’il doit répartir entre différents biens et services. La contrainte se traduit graphiquement par une droite d’équation :
[Formule mathématique]
où :
Exemple : Si le revenu est de 20€, le prix d’un pomme est 2€ et celui d’une banane 1€, alors la contrainte est :
[Formule mathématique]
Ce qui limitera les combinaisons possibles.
Graphique : la droite de contrainte budgétaire est une ligne droite dans le plan ( x_1, x_2 ).
Le cœur de la modèle consiste à déterminer comment le consommateur choisit la combinaison qui maximise son utilité ou satisfaction, sous la contrainte de son revenu. La solution se trouve généralement à un point où une courbe d’indifférence, représentant le niveau de satisfaction, est tangente à la contrainte budgétaire.
Ce point de tangence est celui qui constitue le compromis optimal. La condition fondamentale est que le taux marginal de substitution (TMS), qui indique la quantité de bien 2 que le consommateur est prêt à échanger contre un bien 1 tout en restant indifférent, doit être égal au rapport des prix :
[Formule mathématique]
Exemple illustratif : si le consommateur est prêt à échanger 2 bananes contre 1 pomme (TMS = 2), mais que le rapport des prix est de 1 banane pour 1 pomme, il doit réajuster ses choix pour atteindre ce point d’équilibre.
Le chapitre vise à répondre à plusieurs questions fondamentales :
Comment les consommateurs décident-ils de leurs achats ?
Ils évaluent leurs préférences et choisissent la combinaison qui leur donne le maximum de satisfaction possible dans la limite de leur budget.
Comment les préférences déterminent-elles la demande ?
Les préférences façonnent la hiérarchie des priorités des consommateurs, orientant la demande vers des biens ou des ensembles de biens qu’ils favorisent.
Quelles sont les contraintes budgétaires et leur impact ?
La limite financière impose des arbitrages ; par exemple, si le prix d’un bien augmente, le ménage devra peut-être réduire sa consommation d’autres biens.
Comment déterminer les préférences révélées ?
En regardant les choix réels d’un individu, on en déduit ses préférences : si un consommateur choisit toujours une même combinaison face à différentes variations de prix ou de revenu, cette combinaison est révélatrice de ses préférences.
Exemple : si un ménage préfère acheter 1 kg de riz plutôt que 0,5 kg de pâtes, quand il a un revenu limité, on peut déduire que ce choix révèle une préférence pour le riz.
Exemple : la première bouchée d’une glace procure beaucoup de satisfaction, mais chaque bouchée supplémentaire procure une satisfaction moindre.
La théorie montre qu’un consommateur rationnel cherche à maximiser son utilité en choisissant une combinaison de biens qui équilibre la satisfaction qu’il en tire et sa capacité financière. Cela s’appuie sur l’hypothèse que les préférences sont cohérentes, complètes et transitives, et que le consommateur cherche à atteindre le meilleur compromis.
Les éléments clés pour comprendre en profondeur :
La courbe d’indifférence : relie toutes les combinaisons de biens apportant le même niveau de satisfaction.
La droite budgétaire : limite la consommation disponible en fonction du revenu et des prix.
La ternance entre ces deux courbes : la solution optimale est là où la courbe d’indifférence la plus élevée est tangente à la contrainte budgétaire.
Diagramme détaillé pour illustrer le choix :
[Diagramme]
Exemple concret : Une famille doit choisir entre acheter du poulet ou du poisson. Si elle préfère le poisson (courbe d’indifférence plus haute pour la combinaison contenant du poisson), mais que le prix du poisson augmente, elle doit réévaluer en fonction de sa contrainte budgétaire. Si le prix augmente suffisamment, la nouvelle solution optimale pourrait réduire la consommation de poisson ou substituer par d’autres protéines.
[Diagramme]
"La théorie du consommateur décrit comment les consommateurs allouent leur revenu à l'achat de biens et de services afin de maximiser leur bien-être" @docCHAP 2 LE CONSOMMATEUR_version 2025_enseignant.pdf
Pour une compréhension encore plus fine, il est important d’aborder en détail la courbe d’indifférence, la fonction d’utilité, ainsi que la relation entre utilité marginale et comportement de consommation.
Exemple : La fonction d’utilité pourrait ressembler à
[Formule mathématique]
où (a, b) sont des constantes reflétant l’importance relative de chaque bien.
Ce modèle approfondi du comportement du consommateur permet de prédire, d’expliquer et d’interpréter une grande variété de comportements économiques. Avec la maîtrise des préférences, contraintes et utilité marginale, il devient possible d’analyser comment les changements de prix, de revenu ou de goûts influencent la demande et, par extension, les marchés économiques. La modélisation graphique, notamment avec les courbes d’indifférence et les contraintes budgétaires, constitue un outil essentiel pour représenter ces interactions.
