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L’évolution de la place de l’élève en Éducation Physique et Sportive (EPS) s’inscrit dans un cadre historique large, qui va bien au-delà du simple apprentissage du corps et du geste sportif. Depuis la fin du XIXe siècle, la transformation des concepts d’« enfance » et d’« élève » a profondément modifié la pédagogie, les pratiques et les représentations dans le domaine de l’éducation physique.
Le concept d’enfance, aujourd’hui central dans la pédagogie, n’a pas toujours existé en tant que tel. Étymologiquement, le mot « enfance » vient du latin infans (in = sans, fari = parler), signifiant littéralement « celui qui ne parle pas ». La reconnaissance de l’enfance comme une phase spécifique de la vie apparaît surtout au XVIIIe siècle, grâce notamment aux réflexions de Philippe Ariès, premier historien à étudier l’apparition du « sentiment de l’enfance » dans son ouvrage L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime (1960).
Cette émergence est liée à plusieurs facteurs sociaux et culturels :
Plusieurs ouvrages majeurs ont contribué à formaliser la conception moderne de l’enfance et de l’éducation :
Rousseau souligne l’importance d’étudier l’enfant pour mieux adapter l’éducation à ses capacités réelles :
« On ne connaît point l'enfance : sur les fausses idées qu'on en a, plus on va, plus on s'égare. [...] Commencez donc par mieux étudier vos élèves ; car très assurément vous ne les connaissez point ».
Le XVIIIe siècle pose ainsi l’enfance comme un âge d’apprentissage actif, non plus simplement un temps de préparation à la vie adulte.
Agnès Thiercé (1999) souligne que l’adolescence devient également un objet d’étude spécifique, une « classe d’âge » avec ses propres savoirs et pratiques, dans la période 1850-1914.
L’évolution du concept d’« élève » est liée à l’évolution de la pédagogie et du système scolaire.
Le sens moderne de l’élève est proche du latin discipulus (« apprenti »), mettant l’accent sur l’acquisition des connaissances.
L’idée de « placer l’élève au centre du système scolaire » est une ambition ancienne. Edouard Claparède, dès 1913 avec l’ouverture de l’Institut Jean-Jacques Rousseau à Genève, souligne cette nécessité.
Cependant, cette transformation est difficile car elle remet en question :
Ces modifications impliquent une redéfinition profonde du rôle de l’élève non seulement comme récepteur passif, mais comme acteur de son apprentissage.
Historiquement, l’éducation physique visait avant tout à discipliner le corps, à transmettre des gestes techniques et à développer l’effort physique dans une perspective souvent normative.
Progressivement, la conception évolue vers une mise en valeur de l’élève en tant que sujet, avec :
[Diagramme]


L’histoire de l’élève en Éducation Physique témoigne d’un long cheminement depuis la perception d’un corps à discipliner vers la reconnaissance d’un sujet apprenant et responsable. Cette transformation, qui s’inscrit dans des évolutions plus larges de la pédagogie et de la société, met aujourd’hui l’élève au centre des préoccupations éducatives, notamment dans la préparation au CAPEPS 2025.
