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La période allant de 1946 à 1974 en France est marquée par des transformations politiques, sociales et culturelles majeures. Elle débute avec l’instauration de la IVe République, un régime parlementaire caractérisé par une instabilité chronique, et s’achève sous la présidence de Georges Pompidou, héritier du gaullisme. Entre-temps, la France connaît la guerre d’Algérie, la naissance de la Ve République, les Trente Glorieuses avec leur essor économique et social, ainsi que des mutations culturelles profondes, notamment à travers l’engagement intellectuel et la contestation de mai 1968.
Cette fiche de révision propose une analyse structurée de ces évolutions, en articulant les dimensions politiques, sociales et culturelles, tout en illustrant les phénomènes clés par des exemples, des diagrammes et des références précises.
Après la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) conduit à l’adoption d’une nouvelle Constitution le 27 octobre 1946, qui réaffirme les principes républicains fondamentaux, notamment l’attachement à la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et la souveraineté nationale exercée par le peuple. La IVe République s’installe sur un modèle parlementaire proche de la IIIe République, où le Parlement, et en particulier l’Assemblée nationale élue au suffrage universel direct, est la clé de voûte des institutions.
Le président de la République est élu par les deux chambres, tandis que le président du Conseil (chef du gouvernement) est responsable devant l’Assemblée nationale, ce qui limite fortement le pouvoir exécutif. Cette organisation institutionnelle favorise une instabilité gouvernementale chronique, avec vingt-quatre gouvernements successifs en douze ans.
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Le régime s’appuie initialement sur une alliance tripartite entre le Parti communiste français (PCF), la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et le Mouvement républicain populaire (MRP). Cette coalition s’effondre en mai 1947 avec l’exclusion des ministres communistes, qui entrent en opposition. Parallèlement, le général de Gaulle fonde le Rassemblement du peuple français (RPF) pour critiquer le régime.
Les divisions politiques s’exacerbent notamment autour de la politique extérieure : l’acceptation du plan Marshall et la construction européenne divisent communistes et gaullistes d’un côté, socialistes, radicaux et MRP de l’autre. Par ailleurs, les questions coloniales, notamment la guerre d’Indochine (1946-1954), accentuent les tensions.
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Pierre Mendès France, président du Conseil en 1954, incarne une volonté de rénovation politique. Il obtient les accords de Genève qui mettent fin à la guerre d’Indochine et impulse la décolonisation de la Tunisie et du Maroc. Cependant, son gouvernement échoue à faire ratifier la Communauté européenne de défense (CED) et à résoudre la crise algérienne, ce qui conduit à sa chute en 1955.
La guerre d’Algérie débute avec le soulèvement du 1er novembre 1954, appelé « la Toussaint rouge », qui marque le début d’une rébellion contre la présence française. L’Algérie, département français depuis 1848, est administrée par un double pouvoir : un gouverneur général représentant l’État et une Assemblée algérienne élue par deux collèges distincts (Européens et musulmans).
Le gouvernement français tente d’abord une répression policière, puis militaire à partir de 1955. En 1956, Guy Mollet, président du Conseil, crée un ministère spécifique à l’Algérie et obtient des pouvoirs spéciaux de l’Assemblée, intensifiant la guerre. Sa visite à Alger provoque une émeute, et la guerre se durcit, avec l’usage controversé de la torture, qui divise l’opinion publique et suscite une condamnation internationale.
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La crise atteint son paroxysme en mai 1958 lorsque des Français d’Algérie et l’armée appellent le général de Gaulle à prendre le pouvoir. Investi président du Conseil le 1er juin, il obtient les pleins pouvoirs pour réviser la Constitution. Ce retour suscite une vive opposition à gauche, qui dénonce un « coup d’État ».
La IVe République meurt officiellement avec la nouvelle Constitution soumise à référendum le 28 septembre 1958, approuvée à 79 % avec une participation de 85 %. La Ve République est née, marquant un tournant majeur dans l’histoire politique française @doc1746452712_MjY3MjUzMjU0MjU2MjQ5MjU2Mjk5MjQ4MzEwMTI1NjMxMDEzMTAwMjk4MjUwMjU2.pdf.
Le général de Gaulle incarne le renouveau républicain. Lors de sa cérémonie d’investiture, il met en scène l’unité nationale sous les symboles de la République française et de la Ve République, malgré les tensions avec les opposants communistes.
La Constitution de 1958 instaure un régime de « parlementarisme rationalisé » où le président dispose de pouvoirs étendus :
Le Conseil constitutionnel est créé pour contrôler la constitutionnalité des lois, limitant la souveraineté parlementaire.
La guerre d’Algérie reste au cœur de la vie politique jusqu’en 1962. De Gaulle engage la fin du conflit et l’indépendance algérienne malgré l’opposition violente de certains militaires et de l’OAS (Organisation de l’armée secrète).
En 1962, l’élection du président de la République au suffrage universel direct, adoptée par référendum, consolide le pouvoir exécutif et la légitimité présidentielle, incarnant l’autorité de l’État face aux critiques d’un pouvoir personnel.
Entre 1962 et 1969, la politique de Charles de Gaulle vise à renforcer la grandeur nationale et l’indépendance de la France :
L’État joue un rôle d’entrepreneur, soutenant des projets innovants tels que :
Il investit également dans l’aménagement du territoire via la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) créée en 1963.
Mai 1968 est une crise multiforme, sociale, culturelle et politique, débutée à l’université de Nanterre, qui aboutit à une grève générale paralysant le pays avec 10 millions de salariés en arrêt.
Face à cette contestation, le général de Gaulle dissout l’Assemblée nationale et organise un référendum en 1969. L’échec de ce dernier entraîne sa démission.
Son successeur, Georges Pompidou, incarne un gaullisme sans De Gaulle, poursuivant la modernisation tout en adaptant la politique sociale et régionale.

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La période des Trente Glorieuses est caractérisée par une forte croissance économique et une hausse considérable du niveau de vie :

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Le secteur secondaire connaît une forte croissance après 1946 :
Le secteur tertiaire se développe fortement, dépassant 50 % des actifs en 1975 contre 34 % en 1946, avec l’essor des cadres comme figure emblématique des Trente Glorieuses.
Parallèlement, la population rurale diminue fortement (46,8 % en 1946 à 33,8 % en 1968), tandis que l’urbanisation s’accélère avec la construction massive de logements dans les banlieues.
Cette évolution sociale s’accompagne d’une uniformisation croissante des modes de vie et des comportements.
À partir de 1965, un tournant majeur s’opère dans les comportements collectifs :
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Après la guerre d’Algérie, l’engagement des intellectuels français s’atténue, tandis que la lutte des classes prend une dimension mondiale. Initialement centrée sur l’opposition bourgeoisie-prolétariat, cette lutte se redéfinit en termes de conflit entre le Tiers Monde et l’impérialisme.
Les nations du Tiers Monde sont alors perçues comme les nouvelles forces révolutionnaires devant renverser un capitalisme globalisé. La Chine, incarnant un communisme tiers-mondiste, devient un modèle et un moteur pour de nombreux étudiants, notamment à travers le maoïsme. Cette dynamique révolutionnaire est renforcée par la guerre du Vietnam, qui symbolise pour la jeunesse, notamment celle du baby-boom, cette lutte des classes à l’échelle planétaire.
L’intellectuel engagé, incarné par Jean-Paul Sartre, théorise dès 1945 le devoir d’engagement, qui s’impose comme une caractéristique essentielle de l’intellectuel. Ce militantisme se manifeste fortement durant les guerres coloniales, avec des textes emblématiques comme :
Cette synthèse permet de comprendre les dynamiques complexes qui ont façonné la France entre 1946 et 1974, en articulant les dimensions politiques, sociales et culturelles, et en s’appuyant sur des exemples précis et des analyses rigoureuses @doc1746452712_MjY3MjUzMjU0MjU2MjQ5MjU2Mjk5MjQ4MzEwMTI1NjMxMDEzMTAwMjk4MjUwMjU2.pdf.
