Fiche de Révision - Aérosolthérapie
Introduction générale
L’aérosolthérapie est une technique médicale qui consiste à administrer un médicament sous forme d’aérosol, c’est-à-dire une suspension de fines particules solides ou liquides dans l’air. Cette méthode permet une action rapide et ciblée sur les voies respiratoires, avec un faible passage systémique, limitant ainsi les effets secondaires. Elle est particulièrement utilisée dans le traitement de pathologies respiratoires telles que l’asthme, la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), la mucoviscidose, la bronchiolite, ainsi que pour les infections ORL et l’humidification trachéobronchique @docAérosolthérapie DEUST2 (1).pdf .
La nébulisation est le procédé principal de création d’aérosol à partir d’une solution liquide, réalisée grâce à un système comprenant un générateur d’air comprimé (compresseur), un nébuliseur et une interface patient (masque, embout buccal ou nasal) @docAérosolthérapie DEUST2 (1).pdf.
1. Principes fondamentaux de l’aérosolthérapie
Définitions clés
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L’efficacité de l’aérosolthérapie dépend principalement de la taille des particules, de leur vitesse et du mode ventilatoire du patient. Les particules de taille comprise entre 1 et 7 microns sont les plus efficaces pour le traitement des voies respiratoires. Les particules trop grosses (>7 µm) se déposent dans la sphère ORL, tandis que les particules très fines (<1 µm) sont souvent expulsées à l’expiration .
2. Dépôt des particules dans l’arbre respiratoire
Le dépôt des particules dans l’arbre respiratoire varie selon leur taille et le mode ventilatoire du patient :
- Particules > 5 µm : se déposent majoritairement dans la sphère ORL (nez, pharynx).
- Particules 1-5 µm : déposées dans la trachée et les bronches, par sédimentation favorisée par une respiration lente et une pause après l’inspiration.
- Particules ≤ 1 µm : atteignent les alvéoles pulmonaires par diffusion, optimisé par une inspiration lente et profonde suivie d’une apnée, avec un flux respiratoire très faible.
Le mode ventilatoire influence la zone de dépôt :
- Inspiration rapide (nez ou bouche) favorise le dépôt ORL.
- Inspiration lente par la bouche cible le dépôt trachéobronchique.
- Inspiration lente, profonde suivie d’apnée favorise le dépôt pulmonaire profond @docAérosolthérapie DEUST2 (1).pdf.
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3. Génération des aérosols et technologies spécifiques
Nébuliseurs
Le nébuliseur est un élément clé du système, assurant la transformation du médicament liquide en aérosol et la liaison entre le générateur d’air comprimé et le patient. Chaque nébuliseur est spécifique à un compresseur donné, ce qui impose de respecter la compatibilité entre les deux @docAérosolthérapie DEUST2 (1).pdf.
Composants d’un nébuliseur
- Gicleur : situé en partie haute, permet la formation de l’aérosol.
- Cuve : réservoir du médicament, relié au compresseur par un tuyau (1 à 1,8 m).
- Interface patient : masque facial, embout buccal, embout nasal ou narinaire.
Interfaces patient
- Masque facial : utilisé chez les patients non coopérants (enfants <4 ans, sujets âgés, asthme sévère).
- Embout buccal : privilégié pour les pathologies pulmonaires et bronchiques, car l’inspiration par le nez entraîne une perte importante de médicament.
- Embout nasal et narinaire : utilisés pour les pathologies ORL (sinusites, otites), notamment avec des nébuliseurs manosoniques spécifiques.
- Masques trachéotomie : pour patients trachéotomisés.
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Aérosols soniques et manosoniques
La génération d’aérosols soniques repose sur l’application d’une onde sonore périodique à 100 Hz qui induit un mouvement vibratoire brownien aux particules très fines (<5 microns). Cette vibration facilite la pénétration des particules dans les cavités annexes des voies aériennes, notamment les sinus et les trompes d’Eustache, ce qui est particulièrement utile pour le traitement des affections tubaires (sinusites, otites) @docAérosolthérapie DEUST2 (1).pdf.
Le générateur manosonique combine une surpression synchronisée avec la déglutition du patient et une onde sonique via un tuyau supplémentaire, optimisant ainsi la pénétration des particules dans les trompes d’Eustache. Un embout narinaire spécifique est utilisé pour ce type de traitement.
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4. Médicaments utilisés en aérosolthérapie
Les médicaments administrés en aérosolthérapie couvrent plusieurs classes thérapeutiques, avec des règles strictes de dilution, d’association et de choix d’appareils.
Classes principales et exemples
| Classe | Exemples | Indications principales | Particularités |
|---|
| Bronchodilatateurs | ATROVENT® (ipratropium), BRICANYL® (terbutaline), VENTOLINE® (salbutamol) | Asthme aigu grave, BPCO | Nébuliseur pneumatique ou ultrasonique, dilution avec sérum physiologique, associations possibles entre eux |
| Anti-inflammatoires | BÉCLOSPIN® (béclométasone), PULMICORT®, LOMUDAL® | Asthme persistant sévère, traitement continu | Dilution à 4-5 ml avec sérum physiologique, pas d’usage avec nébuliseur ultrasonique ni mélange avec autres médicaments |
| Antibiotiques inhalés | COLIMYCINE® (colistine), TOBI® (tobramycine), PENTACARINAT® | Infections pulmonaires chroniques, mucoviscidose | Prescription hospitalière, dilution et appareil strictement définis, pas de mélange autorisé |
| Enzymes | PULMOZYME® | Mucoviscidose, fluidification des sécrétions | Ne pas diluer, utiliser nébuliseur pneumatique uniquement |
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Médicaments spécifiques et précautions
- Virazole® (Ribavirine) : traitement du Virus Respiratoire Syncytial (VRS) avec une nébulisation prolongée (12h/jour pendant 3 à 7 jours) sous ATU.
- Métacholine : provoque une bronchoconstriction utilisée en milieu hospitalier pour tests de provocation.
- Nebcine® (amikacine) : déconseillé en inhalation à cause de risques allergiques liés aux sulfites et bronchospasme.
Règles de mélange et précautions d’emploi
- Les mélanges médicamenteux doivent être validés rigoureusement pour éviter précipitations, inactivations ou réactions allergiques, notamment dues aux sulfites.
- Certains médicaments comme Pentacarinat et Pulmozyme doivent être utilisés seuls.
- Associations corticoïdes/antibiotiques sont problématiques.
- Aromasol est interdit.
- Mélanges déconseillés dans les nébuliseurs ultrasoniques.
- Le pH des solutions doit être proche de 7,4 avec une osmolarité d’environ 300 mOsm.
- Seules les substances hydrosolubles, non huileuses et sans suspension sont utilisables.
- Excipients irritants (acides, bisulfites, EDTA, benzalkonium) sont à éviter.
- Par exemple, la colimycine mousse abondamment, nécessitant d’arrêter temporairement la nébulisation ou de privilégier un aérosol ultrasonique @docAérosolthérapie DEUST2 (1).pdf.
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5. Prise en charge et facturation
La prise en charge de l’aérosolthérapie dépend essentiellement de la spécialité pharmaceutique prescrite et de sa conformité aux indications thérapeutiques remboursables.
- Si aucune spécialité n’est remboursable, la location de l’appareil générateur d’aérosol n’est pas prise en charge par l’Assurance Maladie.
- Si la spécialité est prescrite conformément à l’AMM, la facturation de la spécialité, de l’appareil générateur et de ses accessoires est possible.
- Par exemple, l’Ipratropium (ATROVENT®) est pris en charge s’il est prescrit par un spécialiste en pneumologie ou pédiatrie dans les indications AMM.
- En revanche, le Salbutamol (VENTOLINE®) n’est pas remboursé chez l’adulte car son indication est hors AMM.
- La location du générateur est facturée 9,30 € par semaine pour une courte durée (<4 semaines) et à un tarif dégressif pour une longue durée.
- Les parties jetables (nébuliseur, masque) sont facturées à prix forfaitaire et renouvelées toutes les 4 semaines en cas de traitement prolongé @docAérosolthérapie DEUST2 (1).pdf.
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6. Entretien et nettoyage des appareils
Un entretien rigoureux des appareils d’aérosolthérapie est indispensable pour assurer leur bon fonctionnement et prévenir les risques infectieux.
- Pour les aérosols ultrasoniques, il est recommandé de changer l’eau de la cuve tous les jours.
- En cas de dépôt solide sur le quartz, il faut éviter de gratter et laisser tremper la cuve dans une solution vinaigrée à 10 %.
- Entre deux locations, l’appareil doit être nettoyé avec un produit adapté, essuyé avec un chiffon à usage unique, puis désinfecté par pulvérisation d’un désinfectant approprié avant stockage en pharmacie.
- Une désinfection complète doit être réalisée au minimum une fois par semaine, comprenant :
- Nettoyage complet
- Trempage dans une solution d’eau de javel à 12 % ou Dakin pendant 60 minutes
- Rinçage à l’eau
- Séchage
- Rangement dans un endroit propre et sec @docAérosolthérapie DEUST2 (1).pdf.
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Conclusion : Points clés à retenir
- L’aérosolthérapie permet une administration ciblée et efficace des médicaments dans les voies respiratoires, avec un faible effet systémique.
- La taille des particules et le mode ventilatoire du patient conditionnent la zone de dépôt des médicaments.
- Le choix du nébuliseur et de l’interface patient doit être adapté à la pathologie et à la coopération du patient.
- Les médicaments utilisés nécessitent des précautions strictes de dilution, de mélange et d’utilisation selon le type d’appareil.
- La prise en charge par l’Assurance Maladie dépend de la conformité de la prescription aux indications thérapeutiques remboursables.
- Un entretien rigoureux des appareils est indispensable pour garantir leur efficacité et la sécurité du patient.
Cette fiche synthétise les aspects essentiels de l’aérosolthérapie, intégrant les principes, techniques, médicaments, précautions et modalités de prise en charge @docAérosolthérapie DEUST2 (1).pdf.