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L'expérience de feuilleter un album de photos révèle un paradoxe fondamental de l'identité personnelle : je peux me reconnaître dans un enfant qui, physiquement et intellectuellement, n'existe plus. Cette reconnaissance de ce "Moi" à travers le temps, malgré les transformations, soulève une question essentielle : Qu'est-ce que le moi ?
Si tout en moi change, comment puis-je demeurer le même ? La conscience de soi semble perdurer dans ce défilement de transformations. Cela conduit à interroger si je suis ce que j'ai conscience d'être, c’est-à-dire si mon identité est fondée sur la conscience que j’ai de moi-même.
La conscience de soi est la connaissance que possède un sujet de ses états et actes. Mais est-ce là le véritable "moi" ? La réponse appelle une double réflexion :
Rimbaud résume cette complexité en disant : « Je est un autre ». Le "Je" serait donc à la fois moi et autre que moi. Enfin, le "Je" pourrait être une illusion, quelque chose à construire plutôt qu’à trouver, une élaboration permanente.
Cette fiche explore d'abord les différentes modalités de la conscience et leur rapport au "Je", puis présente la démarche critique de Descartes qui fonde la certitude de l'existence du "Je" sur la conscience même de penser.
La conscience est la connaissance qu'a l'homme de ses pensées, de ses sentiments et de lui-même.
Conscience psychologique
Conscience de soi
« La conscience, c'est le savoir revenant sur lui-même et prenant pour centre la personne humaine elle-même, qui se met en demeure de décider et de juger. »
Conscience morale
« La conscience est toujours implicitement morale ; et l'immoralité consiste toujours à ne point vouloir penser qu'on pense. » (Alain)
[Diagramme]
La conscience semble être le lieu où se manifeste le "Je". Mais peut-on réduire le "Je" à ce dont j’ai conscience ? Ou bien existe-t-il en moi des éléments inconscients qui échappent à cette conscience immédiate ? La question est donc :
Pour approfondir cette réflexion, il est utile d’examiner la démarche critique de Descartes, qui interroge la certitude même de la connaissance du "Je" à travers la conscience.
Descartes, dans les Principes (1ère partie, §1), nous invite à entreprendre un doute radical et méthodique :
« Que pour examiner la vérité il est besoin, une fois en sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu'il se peut. »
Cette démarche vise à remettre en question toutes nos connaissances, même celles que nous tenons pour les plus certaines. Nos jugements précipités, souvent issus d’une enfance où notre raison n’était pas pleinement développée, peuvent nous induire en erreur. Pour accéder à une vérité sûre, il est indispensable de douter systématiquement.
Ce doute n’est pas un scepticisme passif, mais un outil méthodique et volontaire, destiné à écarter les erreurs et les préjugés. La science, qui vise une connaissance certaine et prouvée, ne peut tolérer que des vérités douteuses. Ainsi, la vérité est définie par Descartes comme ce qui est clair, distinct, évident, et surtout indubitable.
Pour fonder un savoir certain, Descartes examine les différentes sources de nos connaissances afin d’en tester la fiabilité.
Les sens peuvent être trompeurs
Nos sens, première source d'information sur le monde, sont parfois illusoires. Les illusions sensorielles montrent que ce que nous percevons peut être faux. Il est donc légitime de se demander si tous nos sens ne pourraient pas être simultanément trompés.
Le rêve
Le rêve illustre la difficulté de distinguer la réalité de l’illusion. Pendant le sommeil, nous pouvons vivre des expériences paraissant réelles alors que nous sommes en fait allongés dans notre lit. Cela conduit à envisager que la réalité même pourrait être un rêve.
Le malin génie
Même les vérités mathématiques, qui semblent les plus assurées, peuvent être remises en question. Pour pousser le doute à son paroxysme, Descartes imagine un être supérieur, un « malin génie », doté d’une puissance et d’une ruse infinies, qui nous tromperait systématiquement dans toutes nos croyances, même les plus élémentaires.
Par ces trois raisons, Descartes rejette :
Il n’y a alors plus aucune connaissance certaine, tout est sujet au doute.
Face à cette mise en cause radicale de toutes nos connaissances, Descartes cherche une vérité absolument certaine, capable de résister à ce doute universel et systématique.
Il découvre alors que, même s’il doute de tout, il ne peut pas douter qu’il doute. Douter est une forme de pensée, et penser implique nécessairement un sujet qui pense. Ainsi, il formule la célèbre proposition :
[Formule mathématique]
Cette phrase signifie que la conscience même de la pensée assure l’existence du sujet pensant. Même si un malin génie cherchait à le tromper, il ne pourrait le faire s’il n’existait pas en tant que sujet pensant. Le doute, en tant qu’acte de pensée, prouve l’existence du cogito.
[Diagramme]
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Portrait de René Descartes par Frans Hals

Cette fiche offre une base solide pour comprendre la complexité du "Je" et son rapport à la conscience, ainsi que la méthode philosophique qui permet d’en dégager une certitude première.
