L'attribution causale selon Heider, Kelley et les biais cognitifs

Psychologie Sociale - Attribution et BiaisNiveau : intermediate19 novembre 2025
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Fiche de Révision : L'attribution causale selon Heider, Kelley et les biais cognitifs


Introduction

L'attribution causale est un concept fondamental en psychologie sociale qui étudie comment les individus expliquent les comportements et les événements. Comprendre ces mécanismes permet de mieux saisir la manière dont nous interprétons le monde social, ainsi que les erreurs cognitives qui peuvent survenir. Cette fiche présente les théories clés d’Fritz Heider et d’Harold Kelley ainsi que les principaux biais cognitifs liés à l'attribution causale.


1. L'attribution causale : définition et enjeux

L'attribution causale désigne le processus par lequel une personne cherche à identifier les causes d'un comportement ou d’un événement.

  • Pourquoi une personne agit-elle ainsi ?
  • Quelle est la cause sous-jacente ?

Ces questions sont centrales dans les interactions sociales, car elles influencent nos jugements, nos émotions et nos comportements.

Types d'attributions

  • Attribution interne (dispositionnelle) : On attribue la cause à des caractéristiques personnelles (personnalité, humeur, traits).
  • Attribution externe (situationnelle) : On attribue la cause à des facteurs contextuels ou environnementaux.

2. La théorie de l'attribution de Fritz Heider (1958)

Fritz Heider est considéré comme le père de la théorie de l'attribution. Il a posé les bases de la réflexion sur la manière dont nous expliquons les comportements.

2.1. Fondements

  • L'individu est un « psychologue naïf » qui cherche à comprendre son environnement.
  • Il distingue deux types d’attributions causales :
    • Attribution interne : les causes sont liées à l'agent lui-même.
    • Attribution externe : les causes sont liées à l’environnement ou la situation.

2.2. Exemple concret

Si un collègue arrive en retard à une réunion :

  • Attribution interne : il est irresponsable ou paresseux.
  • Attribution externe : il a eu un problème de transport.

2.3. Importance de la distinction

Cette distinction permet de comprendre comment les jugements sociaux se forment, avec des conséquences sur la manière dont on évalue autrui.


3. La théorie de l'attribution de Harold Kelley (1967)

Harold Kelley a enrichi la théorie initiale de Heider en proposant un modèle plus systématique et formalisé.

3.1. Le modèle de covariation

Kelley propose que pour attribuer une cause à un comportement, on observe la covariation entre :

  • Le comportement observé.
  • Les causes possibles.

Il identifie trois types d’informations essentielles :

InformationDescription
ConsensusLe comportement est-il partagé par d’autres personnes dans la même situation ?
ConsistanceLe comportement est-il stable dans le temps face à la même situation ?
DistinctivitéLe comportement est-il spécifique à cette situation ou général à d’autres ?

3.2. Exemple d’application

Imaginons que Paul rit lors d’un spectacle.

Type d’informationObservationAttribution possible
ConsensusD’autres rient aussiCause externe (spectacle drôle)
ConsistancePaul rit toujours à ce spectacleCause externe (spectacle drôle)
DistinctivitéPaul ne rit pas dans d’autres situationsCause spécifique à ce spectacle
  • Si consensus, consistance et distinctivité sont élevés, attribution à la cause externe (spectacle drôle).
  • Si faible consensus, haute consistance et faible distinctivité, attribution à une cause interne (Paul est une personne rieuse).

3.3. Schéma simplifié du modèle

[Diagramme]


4. Les biais cognitifs dans l'attribution causale

Malgré les modèles rationnels, les individus font souvent des erreurs systématiques dans leurs attributions, appelées biais cognitifs.

4.1. Le biais d’attribution fondamentale (Ross, 1977)

  • Tendance à sous-estimer les causes situationnelles et à surdimensionner les causes dispositionnelles chez autrui.
  • Exemple : Si une personne trébuche, on va plus souvent penser qu’elle est maladroite plutôt que de considérer une irrégularité du sol.

« Les gens ont tendance à voir la personnalité plutôt que la situation. »

4.2. L’erreur d’auto-complaisance (self-serving bias)

  • Tendance à attribuer ses succès à des causes internes (compétences, efforts) et ses échecs à des causes externes (malchance, difficulté).
  • Permet de protéger l’estime de soi.

4.3. Le biais d’acteur-observateur

  • En tant qu’acteur, on attribue ses comportements négatifs à des causes externes.
  • En tant qu’observateur, on attribue les mêmes comportements à des causes internes.

4.4. Effet de halo et autres biais liés

  • Un jugement global positif ou négatif sur une personne peut influencer l’attribution causale.
  • Par exemple, si on aime quelqu’un, on aura tendance à excuser ses comportements négatifs.

5. Importance et applications pratiques

5.1. En psychologie sociale

  • Comprendre les relations interpersonnelles.
  • Réduire les conflits liés à des jugements erronés.

5.2. En management et éducation

  • Éviter les erreurs d’évaluation des causes des comportements (ex : sanctionner sans comprendre les causes externes).
  • Adapter les interventions selon les causes perçues.

5.3. En santé mentale

  • Aider les patients à modifier leurs schémas d’attribution dysfonctionnels (ex : dépression liée à des attributions internes globales et stables).

6. Synthèse visuelle : Mindmap sur l’attribution causale

[Diagramme]


7. Formules et modélisations

Bien que l’attribution causale soit surtout qualitative, Kelley a tenté de formaliser l’évaluation des causes par la notion de covariation, qui peut être modélisée ainsi :

Soit [Formule] un comportement observé, et [Formule] une cause candidate.

On peut considérer la probabilité conditionnelle :

[Formule mathématique]

où :

  • [Formule] est la probabilité que le comportement se produise si la cause est présente (consistance).
  • [Formule] intègre l’information sur la fréquence de la cause (distinctivité et consensus).

Cette approche probabiliste montre que l’individu évalue la plausibilité d’une cause en fonction de la fréquence conjointe du comportement et de la cause.


Conclusion

L’attribution causale est un processus fondamental pour comprendre les comportements humains. Les apports de Fritz Heider et Harold Kelley ont permis de structurer ce phénomène en distinguant les causes internes et externes et en développant un cadre méthodologique précis avec le modèle de covariation.

Cependant, ce processus est souvent biaisé par des mécanismes cognitifs automatiques qui peuvent fausser notre perception des causes réelles. Connaître ces biais est essentiel pour améliorer nos relations sociales, notre jugement et nos interventions dans différents domaines.


Références clés

  • Heider, F. (1958). The Psychology of Interpersonal Relations. Wiley.
  • Kelley, H.H. (1967). Attribution theory in social psychology. Nebraska Symposium on Motivation, 15, 192–238.
  • Ross, L. (1977). The intuitive psychologist and his shortcomings: Distortions in the attribution process. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in experimental social psychology (Vol. 10, pp. 173–220). Academic Press.

Pour aller plus loin

  • Étudier les modèles d’attribution causale en contexte interculturel.
  • Examiner les liens entre attribution causale et motivation.
  • Analyser les stratégies pour corriger les biais cognitifs dans les jugements sociaux.

Fin de la fiche de révision

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