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La propriété publique désigne le droit portant sur les biens appartenant aux personnes publiques (État, collectivités territoriales, établissements publics). La question centrale est de savoir si ce droit est identique à celui des personnes privées ou s'il obéit à des règles spécifiques liées à l’intérêt général @docChapitre préliminaire. La notion et le régime de la propriété publique.docx.
Historiquement, le droit de propriété des personnes publiques a longtemps été nié. Sous l'Ancien Régime, la « théorie du domaine de la couronne » considérait que les biens étaient attachés à la fonction royale et indisponibles, le roi n’ayant qu’un droit de garde, non un droit de propriété. Cette souveraineté (imperium) surpassait la notion de propriété (potestas), excluant ainsi toute propriété publique. Au XIXe siècle, la théorie du domaine de la Nation, défendue par des auteurs privatistes comme Pardessus, reprenait cette idée en parlant de droit de garde ou de surintendance, fondée notamment sur l’article 538 du Code civil alors en vigueur.
Cette conception a évolué avec Maurice Hauriou, qui a défendu la reconnaissance d’un droit de propriété publique, qualifié de propriété administrative. Selon lui, ce droit comprend les attributs classiques de la propriété privée : l’usus (usage), le fructus (fruits ou revenus) et l’abusus (droit de disposer). L’inaliénabilité du domaine public est liée à l’affectation du bien à l’utilité publique, et non à une absence de propriété. Une fois cette affectation levée, le bien peut intégrer le domaine privé et être aliéné.
Cette évolution doctrinale a conduit à la reconnaissance juridique du droit de propriété des personnes publiques, d’abord par la jurisprudence, puis par le législateur @docChapitre préliminaire. La notion et le régime de la propriété publique.docx.
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La reconnaissance du droit de propriété des personnes publiques s’est d’abord faite par la jurisprudence administrative. Des arrêts clés illustrent cette évolution :
Ces décisions témoignent de l’acceptation par le juge administratif que les personnes publiques peuvent être propriétaires, qu’il s’agisse de l’État, des collectivités territoriales ou des établissements publics @docChapitre préliminaire. La notion et le régime de la propriété publique.docx.
Le Conseil constitutionnel a solennisé cette reconnaissance dans une décision majeure des 25 et 26 juin 1986, relative aux lois de privatisation. Il a affirmé que la protection constitutionnelle du droit de propriété, fondée sur les articles 2 et 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC), s’applique également à la propriété publique, et non uniquement à la propriété privée. Cette extension a été critiquée mais confirmée par des décisions ultérieures en 2009 et 2010 @docChapitre préliminaire. La notion et le régime de la propriété publique.docx.
La consécration législative s’est faite avec l’ordonnance du 21 avril 2006, qui a créé le Code général de la propriété des personnes publiques (CG3P). Ce code organise la propriété publique autour de quatre grandes parties : acquisition, gestion, cession, et opérations immobilières, démontrant un régime structuré et spécifique, tout en partageant certaines règles avec la propriété privée @docChapitre préliminaire. La notion et le régime de la propriété publique.docx.
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Le droit applicable à la propriété publique révèle des convergences avec la propriété privée, notamment :
Cependant, la propriété publique est également régie par des règles spécifiques, notamment :
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Le principe d’incessibilité à vil prix interdit aux personnes publiques de céder leurs biens à un prix inférieur à leur valeur réelle, afin de protéger les intérêts publics et éviter toute libéralité injustifiée. Ce principe a été consacré par le Conseil constitutionnel dans sa décision des 25 et 26 juin 1986, qui affirme que :
« La Constitution s'oppose à ce que des biens et des entreprises faisant partie des patrimoines publics soient cédés à des personnes poursuivant des fins d'intérêt privé pour des prix inférieurs à leurs valeurs » @docChapitre préliminaire. La notion et le régime de la propriété publique.docx.
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Le principe d’insaisissabilité interdit toute voie d’exécution de droit commun contre les biens appartenant à une personne publique. Ainsi, saisies-ventes, saisies-attributions ou procédures collectives ne peuvent être appliquées à ces biens. Ce principe a été posé par un arrêt de la Cour de cassation du 21 décembre 1987 (arrêt BRGM) et est aujourd’hui codifié à l’article L2311-1 du CG3P :
« Les biens des personnes publiques sont insaisissables » @docChapitre préliminaire. La notion et le régime de la propriété publique.docx.
Critiques : ce principe est parfois jugé incompatible avec le droit de l’Union européenne. Par exemple, les établissements publics industriels et commerciaux (EPIC), soumis à ce principe, ne peuvent faire faillite, ce qui constitue une aide d’État interdite par les traités européens. Cette situation a conduit à la transformation de nombreux EPIC en sociétés anonymes privées.
Exceptions :
Le fonctionnement de cette exception est encadré par l’article L911-9 du Code de justice administrative. En cas de non-paiement dans le délai imparti, le préfet peut se substituer à la collectivité territoriale défaillante et, sous contrôle judiciaire, vendre de manière forcée des biens non indispensables au service public pour exécuter la décision de justice, comme précisé dans l’arrêt Société fermière de Campoloro du 18 novembre 2005 @docChapitre préliminaire. La notion et le régime de la propriété publique.docx.
Cette synthèse permet de comprendre la complexité et la spécificité du droit de propriété publique en droit français, ainsi que les enjeux liés à la protection et à la gestion des biens publics @docChapitre préliminaire. La notion et le régime de la propriété publique.docx.
