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La sociologie appliquée au tourisme offre un éclairage essentiel pour comprendre comment les pratiques touristiques sont socialement construites, différenciées et marquées par des rapports de classe, de genre et de culture. Cette fiche de révision présente les concepts fondamentaux de la sociologie, leur application au tourisme, ainsi que les enjeux sociaux liés au corps, à l’esthétique et aux inégalités dans les pratiques touristiques.
La sociologie est une science sociale qui étudie les comportements humains dans leur environnement social. Elle analyse non seulement ce que les individus disent ou pensent, mais surtout leurs pratiques et représentations en fonction de leurs propriétés sociales : catégories sociales, revenus, genre, lieu de résidence, niveau d’étude, âge, profession des parents. Cette approche permet de situer socialement les individus et d’expliquer des choix variés (loisirs, vêtements, relations) souvent liés aux valeurs dominantes dans leur groupe.
Les sciences sociales, dont la sociologie, sont des sciences non-nomologiques : leurs résultats sont toujours situés dans un contexte historique et géographique précis. Par exemple, la perception du surf féminin au Maroc a évolué entre 2014 et 2024, illustrant la dynamique des phénomènes sociaux.
Emile Durkheim, fondateur de la sociologie française, insiste sur la nécessité de traiter les faits sociaux comme des choses, avec objectivité, en mettant à distance croyances et préjugés. Les normes sociales influencent notre comportement souvent à notre insu (exemple : s’asseoir face au professeur dans un amphithéâtre).
Un concept sociologique est un outil théorique permettant d’analyser le monde social.
Karl Marx distingue deux classes sociales majeures dans le capitalisme du 19e siècle :
Pierre Bourdieu enrichit cette notion en identifiant plusieurs formes de capital influençant les comportements sociaux, y compris touristiques :
Ces capitaux façonnent goûts et pratiques touristiques. Par exemple, la préférence pour des loisirs comme le golf ou les échecs dépend du capital économique et culturel, illustrant la socialisation des goûts.

L’habitus est un ensemble durable de dispositions à penser, agir et percevoir, héritées du milieu social (famille, éducation, classe). Il structure les goûts et comportements sans que l’individu en ait toujours conscience.
La socialisation se divise en :
L’entre-soi désigne la tendance des groupes sociaux à se regrouper et à maintenir des frontières sociales, comme dans le golf (souvent sur invitation) ou les classes business en avion. En tourisme, cela se traduit par des espaces ou pratiques réservés aux élites (exemple : Rotary Club, offres premium).
Ces mécanismes influencent les comportements touristiques en renforçant ou excluant certains individus.
Bernard Lahire nuance la notion d’habitus en soulignant que l’individu peut posséder plusieurs habitus issus de différents milieux sociaux (habitus clivé). Par exemple, un transfuge de classe (personne changeant de classe sociale) peut vivre un tiraillement identitaire.
Les normes sociales s’appliquent aussi à d’autres dimensions, comme le genre (exemple : garçon pratiquant la danse, fille jouant au rugby).
Selon l’Observatoire des inégalités, environ 40 % des Français ne partent pas en vacances, pour des raisons multiples :
Ces freins traduisent des inégalités d’accès liées aux ressources économiques, mais aussi aux contraintes sociales et culturelles.
Avant les années 1960, les paysans ne partaient pas en vacances, attachés à leur milieu agricole et réticents à fréquenter les lieux de loisirs des classes supérieures.
Après les années 60, même si les classes sociales fréquentent parfois les mêmes stations balnéaires, leurs pratiques diffèrent :
Cette différenciation traduit la socialisation familiale et le choix du nécessaire.

Un lieu touristique créé par la bourgeoisie perd sa valeur de distinction lorsqu’il se démocratise et devient encombré. La bourgeoisie tend alors à fuir ces espaces.
La distinction consiste à apparaître socialement comme distingué sans chercher explicitement à l’être. Cela dépend du regard d’autrui et est central pour comprendre les pratiques touristiques comme marqueurs sociaux.
N. Jounin (Voyages de classe) analyse comment des jeunes issus de classes populaires, lors de voyages scolaires, se confrontent à des environnements socialement étrangers (villas, restaurants, salons de thé) où ils ne se sentent pas à leur place. La sociologie, en analysant les habitus, aide à comprendre ces mécanismes d’exclusion.
Le surtourisme désigne la perception d’un lieu surchargé par les visiteurs. Ce phénomène est souvent dénoncé par les catégories sociales non directement impactées, comme les néo-résidents, tandis que les commerçants en profitent.
Les restrictions comme l’interdiction des enfants dans certains restaurants ou espaces réservés (classes business) illustrent les tensions sociales liées à l’encombrement.
Le capital culturel familial influence :
Les élèves issus de milieux aisés partent plus souvent, y compris pendant les petites vacances, contrairement aux élèves populaires.
L’omnivorité culturelle désigne la capacité à avoir des goûts culturels variés et légitimes, corrélée au capital culturel et économique familial et à la fréquence des voyages.
L’école tend à renforcer ces inégalités, valorisant davantage les élèves des classes moyennes et supérieures.
Les pratiques touristiques s’expliquent par le passé incorporé : l’ensemble des expériences vécues qui influencent goûts et comportements.
Les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la formation des goûts touristiques, remplaçant parfois les guides traditionnels.
Depuis les années 1930, le corps est considéré comme un corps social, exprimant des dimensions culturelles à travers les techniques du corps : gestes appris et incorporés culturellement (exemple : différences dans la marche ou la nage entre armées).
Ces techniques sont des produits culturels inscrits dans des habitudes difficiles à modifier.
Les usages du corps varient selon les classes sociales :
Autres différences :
Le concept d’hexis corporel désigne la manière d’être avec son corps, façonnée inconsciemment par des savoirs, métiers, pratiques sportives et valeurs sociales. Ce façonnement transforme biologiquement le corps.
Le corps se forme en conformité avec des savoirs et des valeurs sociales spécifiques.
Le prospectus d’Oahu met en avant une image sexualisée du corps féminin (Hula girl), avec bronzage, fleurs, décolleté, pour attirer les touristes. Les femmes sont plus dénudées que les hommes, qui portent des chemises hawaïennes.
Dans les années 1970, le mouvement indépendantiste Da Hui Black Short dénonce cette image coloniale et stéréotypée des surfeurs, contestant la culture touristique blanche.
Dans un univers masculin, la présence féminine est une contradiction sociale, souvent liée à une socialisation familiale paternelle. Le corps devient un marqueur social et culturel dans ces espaces de transgression.
En Chine, les plages paradisiaques sont soumises à des horaires stricts et à un contrôle autoritaire des corps. À proximité, sur une autre île, les jet-skis naviguent librement, illustrant une gestion différenciée des corps dans l’espace touristique.
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Cette fiche synthétise les principaux concepts et analyses sociologiques appliqués au tourisme, offrant une base solide pour approfondir la compréhension des phénomènes touristiques dans leurs dimensions sociales et culturelles.
