Histoire du sport

Histoire du sportNiveau : intermediate14 novembre 2025
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Histoire du sport : définitions, origines et développement


L’histoire du sport est une discipline riche et complexe qui dépasse la simple chronologie des événements sportifs. Elle s’inscrit dans une perspective d’histoire totale, intégrant des dimensions culturelles, sociales, économiques et politiques. Cette fiche de révision propose une synthèse claire et structurée des fondements conceptuels du sport, de ses racines antiques à son émergence en Grande-Bretagne, en insistant sur les transformations sociales et philosophiques qui ont façonné le sport moderne.


I. Comprendre l’histoire du sport : définitions et perspectives

1. L’histoire du sport : une approche renouvelée

L’histoire du sport ne se limite pas à une simple énumération d’événements. Elle est avant tout une interprétation critique du passé, où l’historien analyse les faits en tenant compte de multiples points de vue (scientifique, économique, politique, culturel). Cette démarche critique vise à dépasser les idées reçues et les idéologies dominantes en s’appuyant sur des preuves solides.

Histoire totale : approche moderne qui intègre la diversité des facteurs influençant le sport, au-delà de la simple chronologie.

2. Histoire des sports ou histoire du sport ?

Il est important de distinguer :

  • Histoire des sports : compilation des histoires spécifiques à chaque discipline (football, athlétisme, etc.).
  • Histoire du sport : étude globale du sport en tant que phénomène social, culturel et institutionnel.

Cette fiche s’intéresse à l’histoire du sport dans son ensemble, en tant que reflet des évolutions sociétales.


3. Qu’est-ce que le sport ? Définitions clés

a. Le sens commun

Dans le langage courant, le sport est souvent défini comme toute activité physique impliquant une dépense énergétique. Cette définition est trop large et ne permet pas de distinguer le sport d’autres formes d’exercice ou de loisirs.

b. Le jeu et le sport

  • Le jeu est caractérisé par la gratuité : il est pratiqué pour le plaisir, sans autre finalité.
  • Le sport contient une part de jeu, car il vise aussi le plaisir, mais il s’en distingue par des exigences supplémentaires (règles, compétition, intensité).

c. Origine du terme « sport »

Le mot « sport » apparaît au XVIIe siècle en Angleterre (desport, disport) et désigne initialement les activités physiques des aristocrates, liées à leur temps libre et à leurs moyens financiers.


4. Définitions majeures du sport

Pierre de Coubertin (1922)

« Le culte volontaire et habituel de l'exercice musculaire intensif, appuyé par le désir du progrès et pouvant aller jusqu'au risque ».

Les notions clés sont :

  • Volontaire : choix personnel, contrairement à la gymnastique imposée.
  • Habituel : régularité de la pratique.
  • Intensif : effort maximal.
  • Progrès : recherche constante de dépassement.
  • Risque : acceptation du danger, excluant autrefois femmes et enfants.

Georges Hébert et l’éducation physique naturelle

  • Hébert développe une méthode basée sur 10 familles d’exercices naturels, inspirée des populations en contact avec la nature.
  • Il privilégie la formation corporelle et la santé plutôt que la compétition.
  • Anecdote : ses élèves ont sauvé des personnes lors d’un incendie, illustrant l’efficacité de sa méthode.
  • En 1925, il publie Le sport contre l’éducation physique, distinguant clairement sport et exercice physique.

Jean-Marie Brohm (1975)

Dans Sociologie politique du sport, Brohm analyse le sport comme une institution née de la société industrielle capitaliste :

« Le sport est un système institutionnalisé de pratiques compétitives, à dominante physique, délimitées, codifiées et réglées, dont l'objectif est de désigner le meilleur concurrent ou d'enregistrer la meilleure performance ».

Le sport est donc avant tout une compétition.

Pierre Parlebas (1983)

Dans Lexique commenté en sciences de l'action motrice, il identifie trois fondamentaux du sport :

  1. Situation motrice privilégiée : mobilisation intense du corps.
  2. Compétitions réglées : la compétition est essentielle.
  3. Institutionnalisation : système structuré et reconnu.

NB : « Le sport de compétition » est un pléonasme.


II. Du jeu antique au sport moderne : continuités et ruptures

1. Les jeux antiques

Les jeux antiques présentent plusieurs similitudes avec le sport moderne :

  • Engagement physique intense, parfois jusqu’à la mort (exemple des gladiateurs).
  • Compétitions avec enregistrement des victoires.
  • Préparation physique, médicale et diététique (exemple : manger du taureau pour devenir fort).

Jeu antique

Cependant, selon Antoine Prost, plusieurs différences majeures existent :

  • Dimension religieuse : les jeux antiques sont liés à des sanctuaires (exemple : Olympie).
  • Philosophie de la finitude : croyance en un destin immuable, sans progrès infini.
  • Absence de records : pas de recherche de dépassement objectif.
  • Violence extrême : violence valorisée sans distinction morale.
  • Le vainqueur est considéré comme l’élu des dieux.

2. Le sport moderne

Le sport moderne se distingue par une rupture philosophique fondamentale :

  • Croyance dans le progrès infini (J. Ulmann).
  • Institution très structurée (J-M Brohm).
  • Obsession du record et de la mesure objective des performances.
  • Recherche de la vitesse.
  • Reflet des valeurs de la société industrielle capitaliste : dépassement constant et compétition.
  • Selon Norbert Elias, le sport est une forme d’euphémisation de la violence, c’est-à-dire une maîtrise et une canalisation de la violence.

III. Les origines du sport moderne en Grande-Bretagne

1. De la violence traditionnelle à la canalisation par le sport

En Grande-Bretagne, les activités physiques, initialement des loisirs, évoluent vers des pratiques organisées visant à canaliser la violence. Cette transformation s’inscrit dans une logique sociale plus large, parallèle au développement du parlementarisme, où les conflits sont gérés par le dialogue plutôt que par la force.

Cette philosophie commune entre sport et vie politique illustre comment le sport devient un moyen de régulation sociale.

2. Le sport par procuration

Une évolution notable est l’apparition du sport par procuration : la bourgeoisie utilise esclaves ou animaux pour les représenter dans des combats, souvent associés à des paris. Cela montre que le sport avait déjà une dimension économique et sociale importante.


3. Le développement des sports dans les collèges britanniques (1820-1860)

a. L’avènement d’une bourgeoisie campagnarde

Un changement de la loi électorale donne plus de pouvoir à la bourgeoisie rurale, qui revendique une éducation similaire à celle des bourgeois urbains, instaurant un double système éducatif.

b. Deux types de pratiques sportives

  • Milieu urbain : pratiques individuelles.
  • Milieu rural : pratiques collectives (exemple : Rugby).

c. L’évolution de l’attitude des enseignants

Au début du XIXe siècle, les enseignants s’opposent aux activités physiques, craignant qu’elles ne distraient les élèves. Cette opposition diminue progressivement, les bénéfices du sport étant reconnus.


4. Thomas Arnold : un précurseur contraint

Thomas Arnold, nommé en 1828 à la tête du collège de Rugby, doit rétablir l’ordre. D’abord hostile au sport, il négocie avec les élèves pour faciliter la pratique du rugby en échange du calme dans l’établissement.

Cette stratégie instaure une nouvelle discipline où le sport devient un outil de régulation sociale.

  • Arnold contribue à l’institutionnalisation des règles du rugby : temps de jeu, nombre de joueurs, dimensions du terrain.
  • Ce processus est appelé sportivisation : transformation d’une pratique en sport codifié.
  • Ses méthodes se diffusent rapidement dans d’autres collèges.

5. Les évolutions suivantes

Malgré des résistances, notamment chez les adultes, les mentalités évoluent avec les nouvelles générations. Les rencontres sportives se multiplient, la réglementation s’affine, et le niveau de jeu s’améliore.


6. L’obsession de la vitesse et la société industrielle capitaliste

La mesure précise des performances accentue une obsession de la vitesse dans le sport moderne. Cette quête de progrès perpétuel reflète une analogie structurelle avec la société industrielle capitaliste, fondée sur l’amélioration constante et la compétition.

Norbert Elias souligne que le sport est devenu une forme d’euphémisation de la violence, canalisant la violence dans un cadre codifié et contrôlé.


Synthèses visuelles

Mindmap générale de l’histoire du sport

[Diagramme]

Origines et développement du sport en Grande-Bretagne

[Diagramme]


Thomas Arnold, précurseur du rugby


Conclusion : points clés à retenir

  • L’histoire du sport est une discipline critique qui analyse le sport comme un phénomène social global.
  • Le sport moderne se distingue du jeu antique par sa croyance dans le progrès infini, son institutionnalisation et son obsession du record.
  • Le sport est indissociable de la société industrielle capitaliste, partageant ses valeurs de compétition et de dépassement.
  • La Grande-Bretagne est un lieu clé dans l’émergence du sport moderne, notamment grâce à la canalisation de la violence, le parlementarisme et l’institutionnalisation des pratiques sportives dans les collèges.
  • Thomas Arnold joue un rôle central dans la codification et la diffusion du rugby, symbole de la sportivisation.
  • La maîtrise de la violence dans le sport moderne est une forme d’euphémisation, permettant de canaliser les tensions sociales dans un cadre régulé.

Cette fiche offre une base solide pour comprendre les fondements historiques et sociaux du sport, essentielle pour approfondir les études en histoire, sociologie ou sciences du sport.

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